L’interview tant attendu et plusieurs fois reportée de M. Abdelkrim Medouar, porte-parole de la SSPA-ASO «Les lions du Chéliff» est enfin arrivée. Medouar se livre complètement et sans arrière-pensée aux lecteurs du journal Le Chélif et supporters de l’ASO. Le journaliste dévoile le contenu des SMS échangés entre lui et Mr Médour chronologiquement. Le Chélif pose les questions qui fâchent.

Oued Fodda, le lundi 1er août 2016. Il est 13h 25. Le journaliste du Chélif reçoit un message de M. Medouar. «Bjr Mr (intel)». Nous avons comprit que le porte-parole de l’ASO Medouar est de retour à Chlef et surtout qu’il était disponible pour nous recevoir comme convenu auparavant. Notre journaliste répond par le même canal, un SMS : «Massa el kheir si el haj, à votre service.» Message transmis à 13h 27 et 27s. La réponse ne tarde pas à venir : «Je suis au bureau, si votre temps vs permet de travailler avec moi comme prévu ???» à 13h 28mn 39s. Notre journaliste répond toujours par le même canal ainsi : «Avec plaisir. Après el asr. Est ce que cela vous convient ?» A 13h 32mn 08 s. Nous attendons la réponse. La réponse n’est pas immédiate comme tout à l’heure et n’atterrit sur notre téléphone qu’à 13h 37mn et 42s. Voici son contenu : «Non, si vous n’êtes pas en ville, je ne vs dérage pas. Je suis au bureau depuis ce matin. Si vous ne pouvez pas, nous laisserons pour un autre rendez vous.»

La réponse du journaliste arrivera après un appel infructueux, vers 13h 45mn et 15s avec le contenu suivant : «Je suis à Oued Fodda. Si vous m’attendez 35 minutes j’arrive. Veuillez confirmer SVP.» La réponse est immédiate cette fois sous forme d’appel téléphonique dans lequel M. Medouar confirme qu’il nous attend dans son bureau même une heure si nécessaire. Après les salamalecs d’usage, nous frappons à la porte du bureau de M. Medouar sis au premier étage du cercle de l’ASO à 14 h 38.

Dans le bureau mythique du président de l’ASO qui a vu tant de joueurs signer, qui a vu tant de présidents de clubs venir négocier, qui a vu tant de responsables politiques débarquer ici, y compris d’anciens chefs de gouvernement. Le porte-parole officiel de la SSPA était là à nous attendre. Après les formules de bienvenue, nous sentons notre hôte un peu sur la défensive malgré son immense expérience de bon communicant avec les gens de la presse, expérience oblige.

 

Le Chélif : Alors comment va ?

Abdelkrim Medouar : C’est très difficile, il y a actuellement beaucoup de travail dans cette inter saison avec le recrutement des joueurs, la préparation des différents stages que nous avons prévus ici sur le territoire national et à l’étranger. A Ain Drahem exactement.

 

Nous allons essayer de partir chronologiquement, cela fait bientôt huit ans qu’un problème a surgi entre les deux galeries, celle de l’ASO et du MCO alors qu’auparavant ce n’était peut être pas le grand amour, mais il y avait du respect et de l’estime réciproque. Maintenant que Djebbari est parti est qu’Ahmed Baba semble bien mener la barque du MCO, y a-t-il des signes pour une réconciliation définitive ?

Ecoutez, juste après ce malentendu et dès l’entame de la nouvelle saison, le défunt Elimam que nous considérons comme le père du Mouloudia a déclaré que ce n’est pas l’ASO qui a fait chuter le MCO mais bel et bien ses propres enfants. Pour l’instant, nous avons de très bonnes relations avec presque l’ensemble de l’administration du MCO. Il n’y a aucun problème entre nous. Pour les supporters et les comités de supporters c’est la même chose. Maintenant, il y a toujours des brebis galeuses partout. Vous avez dû remarquer que lors que les délégations du MCO viennent chez nous, elles sont toujours reçues avec des fleurs.

 

Très bien, voyons maintenant la saison de la chute de l’ASO en division professionnelle deux Mobilis. Quelles sont les causes réelles de la rétrogradation ?  

C’était une saison à aucune autre comparable. C’était la seule saison où vous gagnez deux victoires et vous êtes dans le podium, vous perdez deux matchs et vous êtes relégable. Pratiquement, tous les clubs ont joué cette année sur les nerfs et sur le fil du rasoir. La JS Kabylie, l’USMA, la JS Saoura, le CS Constantine, Le NA Hussein Day, le MC Oran enfin tous ont joué le podium ou la relégation. Rappelez-vous le dernier match était contre l’USM Alger que nous avions battue auparavant. L’enjeu était de telle sorte que nous gagnons nous sommes maintenus en première division professionnelle Mobilis et ils descendent en division inférieure. L’USM Alger gagne et nous rejoignons l’enfer de la D2. Ils ont gagné. Attention, avec la même équipe qui a failli descendre en D2, l’USM Alger gagne le titre la saison suivante avec pratiquement le même effectif et environs 13 points d’avance. Ils ont écrasé la compétition. Je ne dis pas qu’il y a un effet de chance non, il y avait un complot entre les clubs de l’algérois qui étaient solidaires entre eux. C’est surtout ce facteur qui a pesé beaucoup dans la balance pour que nous descendions en D2 Mobilis.

 

Très bien mais sur les places fortes des «djawarih», on vous reproche d’avoir frôlé la relégation également et qu’avec la crise financière les stars ont délaissé le club quand les jeunes d’alors ont relevé le défi et ont sauvé l’ASO de la relégation. Les supporters pensaient très forts en eux-mêmes que c’est une bonne couvée et que dans deux ou trois saisons, ces jeunes allaient gagner le titre et durer dans le temps. Vous ramenez de vieux briscards qui jouent en compagnie de Zaouiet bonjour les dégâts.    

Ces jeunes, nous ne les avons pas libérés de notre chef. Nous avons fait venir un entraineur, Ighil en l’occurrence. Il a dit je n’ai pas besoin de Rabhi, je n’ai pas besoin de Nasri, ni Farhi, ni Merzougui etc. Il a choisi son effectif. Il est de notoriété publique que notre administration ne s’immisce pas dans les choix de l’entraineur. Il a demandé de ramener tel et tel joueur. En réalité, il a demandé des joueurs d’expérience. Pour les jeunes, Merzougui par exemple a demandé à rester avec nous. Ighil lui a demandé de prolonger son contrat s’il veut rester. Le joueur a répondu : oui si vous me faite jouer. Vous connaissez la suite. Nous n’avons pas ramené de vieux briscards comme vous dites, non, quelques joueurs d’expérience, oui. Et puis il y avait les facteurs que nous avons relevés plus haut. C’était une année très difficile.

 

Maintenant voyons la saison 2015/ 2016. Dès le départ, vous annoncez la couleur : l’accession. Cela ne marche pas sur la première tranche alors que sur tous les plateaux de télé, tout le monde prenait pour argent comptent vos paroles. Arrive le mercato d’hiver, remake : vous annoncez que l’objectif principal demeure l’accession. En juin rien. Vous aviez failli, donc vous deviez partir.

Cela fait vingt ans que je suis à la tête de ce club, j’ai trouvé la vitrine vide. Toutes les coupes que vous voyez ont été ramenées sous mon aire. Pour parlez de mon remplacement, je n’ai rien contre. Je veux par exemple remettre le club entre de bonnes mains. Je ne joue pas la chaise vide…

A suivre.

 

Dans notre prochain numéro Le Chélif pose les questions qui fâchent. Le chélif soulève l’affaire de Bentayeb qui a défrayé la chronique nationale en son temps. Medouar répondra également sur l’affaire Maamar Morceli, le commentateur vedette de la radio régionale de Chlef, et pourquoi ce dernier n’exerce plus sur les stades. L’affaire du match de Boussaada sera également débattue. Quels sont les moyens humains, matériels, et financiers mis sur la table cette saison qui semble la bonne ? Médouar est accusé d’avoir laissé passer la saison dernière car celle de 2016/2017 coïncide avec les élections législatives. 7, 5 milliards déjà consommés pour la nouvelle saison. Les joueurs et leurs qualités pour cette saison. La relation entre les différents responsables locaux. L’actuel wali et ceux qui l’ont précédés. Vous trouverez les réponses à toutes ces questions dans notre prochain numéro.

 

Entretien réalisé par  Khaled Ali Elouahed.