Ouled Ben Abdelkader. Les aiguilles de la montre indiquent dix heures du matin. C’est le moment où les cafés, seuls refuges pour les habitants de cette contrée isolée, commencent à se vider. Pour les «nantis», c’est l’heure de prendre la route en direction de la mer. Ténès, Dechria, et El Guelta sont leurs destinations préférées. Les démunis se rendent à Guentra Zarga, littérairement «le pont bleu» pour se baigner et se rafraichir avec les eaux de l’oued qui a la particularité de couler tous les jours de l’année. Les eaux de cette rivière proviennent du barrage Sidi Yakoub. Mais ce n’est pas donné à tout le monde, il faut au moins une motocyclette pour pouvoir s’y rendre. Le petit barrage est devenu la Mecque des habitants de la région d’Ouled Ben Abdelkader, Ziadnia et Djenane El Hadj. Ils y passent de longues heures avant de rentrer à une heure très tardive dans l’après-midi.

De par son étroitesse, le lieu n’est pas en mesure de contenir tout ce monde, ce qui fait que certains sont obligés d’aller se baigner dans les eaux du barrage de Sidi Yakoub. Devant une température caniculaire où les pics sont parfois capables de faire fondre le goudron, les gens ingénus peuvent se baigner n’importe où, d’où pour certains une mort quasi-certaine.

Une autre catégorie de gens qui ne vont ni à la mer, ni au barrage d’ailleurs, demeurent calfeutrés dans la fraicheur des climatiseurs. Ces appareils, faut-il le rappeler, fonctionne tout le long de la journée dans le cas où aucune coupure électrique n’est enregistrée. D’habitude, ces coupures sont fréquentes et récurrentes comme ce fut le cas vendredi dernier à Ziadnia où les habitants d’un quartier furent privés de l’énergie électrique pendant toute une demi-journée sans pour autant que quelqu’un ne s’en soucie. Avez-vous pensé, ô responsables de la Sonelgaz, aux bébés, aux personnes âgées, aux malades… ?

 

À  quand une piscine ?

Une commune de l’envergure d’Ouled Ben Abdelkader qui existe depuis la nuit des temps ne possède pas une piscine, c’est le comble. Depuis que cette commune jouit de ce statut administratif, plusieurs assemblées se sont succédé à sa tête mais aucune n’a pensé inscrire la réalisation d’une piscine. A-t-on pensé un jour construire au moins un bassin de natation pour diminuer les souffrances des gens pendant la saison chaude ? Pourtant, toutes les conditions sont réunies pour qu’une telle structure sportive et de loisirs soit réalisée. Le terrains existent où elle pourrait être édifiée.

Assis à l’ombre d’un mur ou d’un arbre en respirant l’ait pollué, les enfants issus de familles nécessiteuses font pitié. Leur condition de parias donne le vertige. Un simple geste pour eux qui consisterait à leur offrir une journée de plage leur rendra le sourire. Pour beaucoup d’habitants, il est plus que jamais nécessaire de penser à cette frange pour l’éloigner autant que est possible de la délinquance. Il faut savoir qu’un enfant délaissé de la sorte ne pourra qu’être un révolté. Le laisser dans de telles circonstances l’exposera certainement à tous les fléaux.

Un autre phénomène écœurant constaté durant l’été est celui des enfants travailleurs. Par dizaines, des gamins de dix à douze se réveillent tôt pour se rendre dans les champs de tomates, les seaux en plastiques sur leurs têtes. Ils récoltent accueillent la tomate industrielle. Les fellahs les font travailler, faute de main d’œuvre adulte. Ces pauvres travaillent pour gagner quelques centaines de dinars leur permettant d’aller à la plage en fin de semaine. Si ces enfants trouvent des endroits appropriés, comme des piscines, ils ne prendront pas le risque de la route chaque fin de semaine quand on sait que le danger qui les guette. De grâce, pensez à cette catégorie délaissée.

Abdelkader Ham