La seconde partie de l’interview tant attendue par les supporters de l’ASO est enfin devant vous. Que nos lecteurs fans de l’ASO sachent que nous avons transmis fidèlement leurs préoccupations au véritable patron du club. Nous n’avons pas été tendre avec lui durant toute la durée de l’entretien avec, comme seul objectif, de vous rapporter les quatre vérités de l’ASO à partir de la source. Nous avons transcrit fidèlement les paroles de M. Medouar. Le Chélif fait-il peur ? Nous avons trouvé tous les membres de l’administration, chacun à son poste. Comme s’il s’agissait d’une revue des effectifs. Le calme régnait et tout le monde était affairé. N’importe quel directeur de l’exécutif en serait jaloux. Est-ce que c’est comme cela tous les jours ou est ce que …

Dans ce numéro vous trouverez le traitement des affaires qui étaient dans l’hombre. Beaucoup de choses sont inédites. Entre autres, l’affaire Bentayeb ou «Ouled Elloussi», l’affaire de l’équipe spécialisée dans le méchoui vient battre l’ASO at hom, l’affaire Tahraoui ou l’homme qui valait 1 milliard, l’affaire Morceli, le reporter sportif vedette de radio Chlef… Il est aussi question du patrimoine de l’ASO qu’on évalue à 81 milliards, de cette même équipe qu’on dit mieux équipée que l’EN, du vivier de l’ASO, du nerf de la guerre, des accusations contre les anciens dirigeants, du FCE et des autorités locales…

Le Chélif : Reprenons un peu s’il vous plait. Quand un joueur ne donne pas satisfaction, on le libère. Quand un entraineur n’atteint pas les objectifs fixés, il part. En politique quand un ministre déraille dans son département, il est appelé à d’autres fonctions. Vous, M. Medouar, vous avez laissé chuter l’ASO ; vous devriez donc partir pour être appelé à des fonctions au sein de l’APN par exemple.

 Abdelkrim Medouar, porte-parole officiel de l’ASO : Je l’ai dit et je le répète, mon départ n’est pas un problème. Mes conditions ne sont pas pécuniaires, je ne demande pas à ce qu’on me rembourse mes investissements, mes dépenses, non, le problème est ailleurs. J’ai demandé à ce que quelqu’un vienne pour prendre les rênes du club. Personne ne s’est présenté. Voila ce que veulent les petites personnalités. Ils veulent que je démissionne. Ils vont parloter pour m’accuser d’avoir abandonner le club. Comme il faut trouver quelqu’un, ils vont jusqu’à opter pour un directoire dans lequel ils y seront et mettre qui ils veulent. Non, ce n’est pas une association messieurs. C’est une société avec des actions et des actionnaires, des impôts à payer avec un registre de commerce dont nous sommes responsables devant l’État. Maintenant, s’il y a un candidat qui peut relever le défi, qu’il soit le bienvenu !  Quant à l’APN dont vous me parlez, je suis parti à l’APN pour être tout près des centres de décision afin d’aider mon club. Que ceux qui disent le contraire me montrent de quoi j’ai bénéficié moi ou ma famille. Je vais vous faire une confidence à vous et à vos lecteurs : j’ai une construction que j’ai commencée. En 2012, le projet était fini à hauteur de 80 ou 90%. Depuis que je suis passé député, je n’y ai réalisé jusqu’à ce jour qu’environ 2%. Tout le monde le sait, cette bâtisse est située au quartier du «Radar». C’est comme si j’avais des sabots. La voiture que j’avais avant la députation, je l’ai encore et elle date de 2009. Les gens se trompent. Ils accusent sans fondements.

 

Il y a des gens qui voulaient apporter ce plus et avec de l’argent frais. Nous parlons ici de Bentayeb et ses frères. L’affaire a défrayé les chroniques en son temps.

C’était un véritable cauchemar que nous avons vécu. Non, cette histoire est close, je ne suis pas prêt à revenir dessus. Les choses étaient claires et la justice a tranché. Elle nous a donné gain de cause et a donné gain de cause à l’ASO. L’affaire de Bentayeb Brahim est close. Je voudrais plutôt parler des gens de Chlef qui ont les finances nécessaires mais qui n’aident pas le club sauf quand monsieur le wali les appelle.

 

Très bien, alors parlons de l’affaire du match de Boussaada. Des supporters qui ont pour QG le café Fedlaoui vous disent ceci : «Comment expliquer qu’une équipe spécialisée dans le méchoui vienne à Chlef pour nous damer le pion à Boumezrag même ?» 

Il y a une frange, je dis bien une frange parmi ceux qui fréquentent le café Fedlaoui, qui critique tout ce qui bouge. Je dis bien tout ce qui bouge. Ne s’en sortent que ceux qui habitent définitivement les cimetières. En football, il n’y a plus de petite ou grande équipe. En 1982, l’Algérie a battu l’Allemagne. Les germaniques ont disputé la finale et l’Algérie est sortie dès le premier tour. Pour revenir à cette équipe de méchoui comme vous dites, je dis que ce jour-là, nos supporters nous ont lâché dans un moment très difficile. C’est dans les moments difficiles que nous avons besoin de nos supporters. Le match était à notre portée. C’était un tournant. Après ce match et en cas de victoire, nous aurions pu prétendre à l’accession. Je ne veux pas que nos supporters nous fassent des procès au milieu de la compétition. Qu’on nous demande des comptes à la fin de la saison. Nous ne valons que par nos supporters, je dis bien les supporters de toute la région. Je ne parle pas des perturbateurs. Nous avons beaucoup de respect pour nos jeunes supporters.

A propos de supporters de la région, ce qu’ils demandent, c’est que l’ASO ait une politique régionale, qu’elle donne la priorité aux jeunes d’Oued R’hiou à l’ouest jusqu’à Khemis Miliana et Hadjout à l’est. Et de Ténès au nord jusqu’à Tissemsilt au sud. Autrement dit, investir dans les clubs comme Oued Sly, Oued Fodda, Boukadir, Sendjas, Ténès, Ain Defla, El Khemis etc.

Le monde a changé, nous ne pouvons ramener de ces contrées que des joueurs de 1ère ou 2ème année cadet ou des juniors. Nous ne pouvons pas ramener des joueurs séniors à partir de ces clubs. C’est d’ailleurs cela notre politique, nous voyons ce qu’il y a autour de nous avant d’aller voir ailleurs ce qu’il nous faut. L’ASO est un club régional au même titre que la JS Kabylie, le MC Oran, l’ES Sétif, le CS Constantine ou la JS Saoura, et j’en passe. Son rayonnement dépasse et de loin les frontières de l’ancien département d’El Asnam. Nous avons des supporters qui venaient de Tipasa, de Médéa, de Blida, voire de Mostaganem, Tiaret, Mascara et bien sûr Tissemsilt et Aïn Defla. C’est pour cela que l’ASO doit être un club phare qui illumine toute la région et honore la capitale régionale qu’est devenue Chlef.

Il y a une grande partie de ce large public que vous venez de citer qui ignore les détails de l’affaire du joueur Tahraoui, ou l’homme qui valait un milliard. Cette affaire qui, en son temps, a fait couler beaucoup d’encre et de salive… Des explications seraient les bienvenues.

La chose a débuté lors de la finale de la coupe d’Algérie qui a réuni la JS Kabylie et l’USM Alger. Le joueur Tahraoui était toujours sous contrat avec l’ASO alors que la JSK le voulait coûte que coûte. Quand je l’ai vu entrer avec la tenue de la JSK et serrer la main du président de la république, j’ai été révolté. J’avais ce jour-là à mes côtés un colonel de l’ANP qui a été promu général par la suite, les gens de l’USM Alger et le regretté président du CA Bordj Bou Arreridj, M. Tebbakhi. Ils ont remarqué que je m’étais énervé. Alors sur un coup de colère, j’avais juré que je ne cèderai Tahraoui pour pas moins d’un milliard. Pas un centime de moins ! Quelques minutes plus tard, un grand monsieur de l’USM Alger, Si Larbi dit «Décorex» et m’a dit ceci : «Nous vous offrons 800 millions. Vous demandez à la JS Kabylie un milliard. Nous pourrons aller avec vous jusqu’à la somme demandée.» C’est là que le milliard a été décrété alors que j’ai dit cela dans un moment d’excès de colère. La JS Kabylie a négocié et est remontée jusqu’à la somme de 7 00 millions. J’ai résisté et tenu jusqu’au mois de décembre. Là est venu le président de l’USM Blida, M. Zahaf qui m’a offert un milliard et nous avons conclu la transaction. Avec cette somme, j’ai ramené à l’ASO Malik Latteyr du Sénégal, Balbonne de l’USM Alger, j’ai payé Zaoui, Abou, Messaoud dans leur première année avec nous. Nous avons eu plus tard la coupe d’Algérie sénior avec un but de Messaoud. Les buts de cette coupe en 32 èmes, en 16èmes et en 8èmes ont été marqués par Balbonne et Latteyr. C’est avec ce genre de gestion que nous avons donné au club ce qu’il espérait. L’ASO mérite mieux mais nous n’avions pas les moyens.

Voilà justement ce qu’on vous reproche, c’est d’avoir délaissé ce genre de gestion au profit de la politique du palais Zighoud Youcef.   

C’est possible que j’accuse le coup pour une saison ou deux, mais je n’ai pas changé. Si je ne trouve pas quelqu’un pour prendre le flambeau et relever le défi, je serai toujours là.

 Et si on parlait d’une autre affaire. Pourquoi vous avez nui à Maamar Morceli, le commentateur vedette des sports de la radio régionale de Chlef ? On dit : «Quand l’ASO gagne les honneurs reviennent à Medouar et quand l’ASO perd, c’est la faute à Morceli ?» Et vous, qu’est ce que vous dites ?  

 Je n’ai pas nui à Morceli. Je pose la question : pourquoi ces gens ne parlent pas de Maamar Morceli qui se place devant le portail du stade pour dire aux gens de ne pas rentrer le jour du match de Boussaada ? A un quart d’heure du match, et avec certains supporters, et ils l’ont mis sur Echorouk TV. Vous pouvez revoir la séquence sur le net. Il rejoint ensuite la cabine de presse, utilise le micro de la radio régionale de Chlef pour médire sur l’ASO, ses responsables, ses entraineurs et ses joueurs. Tout le monde y passe. Qu’est ce que j’ai fait en ma qualité de responsable ? J’ai écrit aux autorités pour leur demander si ce monsieur est reporter sportif ou un activiste parmi les supporters pour demander aux gens de ne pas rentrer au stade ? La radio l’emploie-t-elle pour dénigrer le club ? C’est un reporter sportif, il n’a qu’à faire son travail tout simplement et c’est ce qui lui est demandé. J’ai écrit aux autorités, et c’est mon devoir de le faire, pour défendre les intérêts de mon club. Voilà ce que nous avons fait. Les responsables l’ont interdit de stade. Il continue de travailler, de faire des émissions sans aucun problème. C’est ce qu’il lui est demandé et c’est tout. Il ne lui appartient pas de faire monter ou descendre la cote de popularité de Medouar auprès des supporters. En sa qualité d’homme de presse, se ranger avec une frange de supporters pour demander à insulter Medouar, le club, les responsables et les joueurs… Ou bien il pratique correctement son métier de l’information, ou il se met de l’autre coté de la barrière et se range avec les supporters et laisser le métier de la presse aux spécialistes en la matière.  Quand le président de l’association des supporters depuis sept ans l’a mis en cause auprès de son directeur, il est allé voir qui ? Il a demandé l’aide de qui ? Qui lui a fait une lettre de soutien pour dire que c’est un cadre qui travaille au profit du sport et des sportifs ? Posez-lui la question !

 Nous la lui poserons à moins qu’il ne nous devance pour demander un droit de réponse.

M.Abdallah Djazouli a écrit au directeur général de la radio. Maamar Morceli est venu me voir. Il était assis exactement là où vous êtes maintenant sur le même siège. Je le dis et je le répète, pourquoi a-t-il pris parti contre nous ? Si c’était un simple supporter, je n’aurais rien eu à dire. A partir de ce moment, toutes les réunions anti ASO et anti Medouar se tenaient dans son café sis au radar, je veux parler de Aouak et compagnie. A un certain moment, ils nous ont perturbés, surtout après le match de Boussaada.

 Changeons de registre si vous voulez bien, parlez nous de votre bilan en général.

 En 1997 quand je suis arrivé à l’ASO, je n’ai rien trouvé. Pour l’histoire, depuis 1947 à 1962 et de 1962 à 1997, l’ASO a gagné un championnat et une coupe d’Algérie junior en 1987. Je parle de la génération des Bénali, des Talis etc. Quand je suis arrivé, je n’ai pas trouvé la coupe que les juniors ont décrochée. Je ne l’ai pas trouvée dans le cercle. Aujourd’hui, nous avons neuf ou dix coupes d’Algérie. Vous les voyez ! Nous avons décroché une coupe d’Algérie sénior et nous avons eu le premier championnat professionnel en Algérie. Nous avons les trophées ici dans nos bureaux, nous ne les avons pas ramenés chez nous, dans nos maisons. Quand nous partirons, les coupes resteront ici dans le cercle de l’ASO. Voyez également les photos des anciens présidents qui sont passés. Quand nous sommes arrivés, les choses n’étaient pas ainsi. Le cercle n’avait pas de contrat de location. Nous l’avons fait avec mon équipe. Ensuite, nous avons acheté le cercle. C’est maintenant la propriété de l’ASO. Nous avons également ramené le champ des boules. Une estimation de 81 milliards. Nous avons également deux bus Toyota flambants neufs. Un grand bus de l’équipe qui est actuellement exploité par nos enfants. Nous disposons également d’une voiture utilisée par l’équipe. Nous avons réalisé un patrimoine pour ce club, nous ne disons pas que les autres n’ont rien fait, mais il faut reconnaitre que nous avons apporté le plus nécessaire. Nous avons joué cinq fois la coupe d’Afrique.

Changeons de sujet, voulez vous ? Et parlons maintenant de l’équipe version2016-2017.

Nous avons commencé d’abord par le staff technique. Nous avons ramené un entraineur expérimenté et qui répond à nos objectifs. Ifticène a six accessions à son actif. Les derniers sont CABBA et le NAHD avant de prendre l’équipe nationale militaire avec laquelle il a réussi à décrocher la coupe du monde. Il a choisi son staff et a accepté de garder Sadek Larbi dans le staff. Parmi les qualités de cet entraineur qui connait son métier, il a la hargne, la grinta, la rage de vaincre. Pour le volet des joueurs, nous avons recruté exactement douze (12) joueurs parmi lesquels je cite deux joueurs de l’USM Blida, il s’agit de Mélika et Boudina. Ils sont originaires des hauts plateaux. Nous connaissons le sérieux de ces gens. Deux autres sont originaires de Tiaret. Ils étaient à Arzew. L’un est un attaquant qui a marqué treize buts en D2 et l’autre joue en pointe. (Baouchi et Soltani), Mébarki de Maghnia a été au CRB puis joué à Bejaia. Sa venue a une relation avec le départ de Salhi. Nous avons Kedad sous forme de prêt pour une période de dix huit mois. Maamar Youcef qui fait son came back. Chadouli également fait son retour à la maison. Nous avons recruté Boukhari qui n’a rien à avoir avec celui qu’on avait auparavant. Celui-là est plus jeune et plus puissant. Oui, avec Maamar Youcef, c’est une relation directe avec le départ de Salhi. Un arrière gauche né en 1995, originaire de Khemis Miliana, était au Mouloudia. Attafen qui a joué à El Bordj est également parmi nous. J’ai parlé avec Djabout et son père. Il a dit que c’est lui qui allait m’appeler. Il ne l’a pas fait. Il est allé négocier avec Biskra. Que dieu lui vienne en aide, c’est tout. En défense nous avons gardé parmi nos jeunes Médahi, Naas Araba, Boussaid, Yedroudj, Mahi, Messaoud, oui il continue de jouer. Il a dit qu’il fera une saison exceptionnelle. En signant son contrat, il a par la même signé sa démission. Vous voyez qu’il ne veut pas mettre le club en difficulté en cas de méforme. Il y a un amalgame avec Semah. Nous avons également nos jeunes de l’an dernier. Cette année, nous n’avons droit qu’à 22 joueurs. Nous avons pris 21 et pour le 22ème, nous avons pris un troisième gardien de but qui vient des réserves. Nous n’avons pas voulu ramener un autre gardien sénior. Pour les bois de l’ASO, cette année, nous avons préféré garder plutôt Hamzaoui qui en réalité est mieux que Salhi qui est parti et dont nous parlerons plus loin. Voici grosso modo l’amalgame jeunes et anciens avec lequel nous avons l’intention d’affronter les affres de la D2 cette année 2016-2017 avec comme objectif l’accession. À un certain moment, nos détracteurs n’ont rien trouvé à redire quand nous avions décroché la coupe et le championnat que d’avancer que nous avions décroché ces titres avec les «baraouia» (les étrangers, ndlr). Certains «baraouia» sont partis mais les titres sont là. Aucune équipe ne peut se permettre de jouer avec uniquement les enfants du club. Si cela était possible, la JS Kabylie l’aurait fait. Pourquoi ce qui est valable pour les autres ne l’est plus pour nous ? Trouvez-moi une seule équipe qui ne renferme pas en son sein des baraouia» ! Pour moi, celui qui porte le maillot de l’ASO, c’est lui «ould el bled» (l’enfant du pays). Un joueur comme Zaoui, par exemple pour moi, c’est comme si son grand père était là durant les années 1 800 avec les révoltes du Cheikh Bouamama. Oui, les anciens ont chacun apporté sa contribution pour le développement de ce club. Nous ne pouvons pas nier les apports des Zaoui, Zaouche, Bélaid, Mégharia, Naas, Abdi, Les Abou et j’en passe. Qu’on le veuille ou non, l’histoire d’un club s’écrit par les titres. Rappelez-vous durant la trêve lors de l’année où nous avions décroché notre premier titre. Sur les plateaux de télé, on nous a même envié le titre de champion d’hiver et un président de club habitué des titres à dit ceci : «El Ibra bel khawatim». Il n’y a pas de cadeau en compétition.

 

Parfait, maintenant que vous avez donné un contour de l’équipe version 2016-2017, dites aux lecteurs comment se passe la préparation.

Bon, cela est connu depuis déjà belle lurette, nous avons commencé le premier regroupement le 10 juillet passé. Le 18 juillet 2016, nous avons enclenché avec un autre stage à Tikjda pour oxygénation et sélection. Ce dernier stage permettra à l’entraineur de sélectionner l’effectif qu’il déplacera en Tunisie. Pour le stage d’Ain Drahem, il se fera du 10 au 25 du mois courant. Attention, ce n’est pas le même hôtel où nous avions l’habitude d’effectuer des stages auparavant. Celui là est flambant neuf. Et c’est ce qu’il y a de mieux sur la place. Nous avons 11 joueurs parmi nos jeunes qui ont fait le déplacement de Tikjda. Ils sont pris en charge exactement au même titre que les séniors. A propos de prise en charge, laisser moi vous dire que nous avons mis notre équipe dans les meilleures conditions qui soient. Que ce soit du point de vue des équipements, de la restauration, ou de l’hôtellerie. Donnez-moi une seule équipe de D1 ou de D2 qui ait dans son effectif 11 jeunes ! Autre chose, nous avons doté notre équipe des meilleurs équipements que même l’équipe nationale n’a pas. Nous ne pouvons pas les mettre tous dans le bain, ce serait les griller, mais ils intègrent l’équipe au fur et à mesure avec un ou deux à la fois. Nos jeunes n’ont pas encore la grinta de la D2.

 

Si vous avez autant de jeunes en équipe fanion, c’est que l’ASO dispose d’un véritable réservoir, un vivier ?

L’ASO a de tous temps été un club formateur sans faire de gros tapages sur ce sujet. Nous avons une équipe réserve dont l’âge est très intéressant. Quatre d’entre eux sont nés en 1996. Pour les autres, ils sont en 1997 et 1998. Nous avons donc une large possibilité de formation et d’aguerrissement au profit de nos jeunes. Autre chose, tout à l’heure, nous parlions de la politique régionale de l’ASO. Nous considérons les jeunes des wilayas limitrophes comme notre grand réservoir. Nous y puisons ce qu’il y a de mieux. Ecoutez, si nous accédons en Ligue 1, nous aurons devant nous un avenir de dix ans car nos jeunes peuvent jouer durant toute cette période. Regardez, tous les 5 ou 6 ans, Chlef a une génération. Suivez avec moi. Il y avait la génération Cheklam (les gens nés en 1984/1985.) puis il y a eu la génération Soudani pour ceux qui sont nés en 1987/1988. Cette fois, il ya eu la génération d’il y a 3 ans avec les Merzougui, Mahi, Rabhi, et compagnie (nés en 1990, 1991 et 1992). Maintenant, c’est la génération des gens nés en 1997/1998 avec les Merouani, Sbaihia, Larbi Aissa, Fellahi, Boutaiba etc… J’espère que cette génération trouvera l’ASO en Ligue 1 pour mieux s’exprimer et alors l’avenir de l’ASO sera garanti, avec le leur bien sûr. Nos enfants jouent tous dans les équipes nationales U 17, U 2O, U 23.

 

Tout cela a du vous coûter la peau des fesses par les temps qui courent où les subventions sont revues à la baisse partout. Cela tombe très mal pour un club dont la prétention est de regagner sa place parmi l’élite nationale. Ne le pensez-vous pas ?

C’est vrai, vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a une circulaire ministérielle qui nous informe que les clubs professionnels ne bénéficieront plus de la subvention de l’État, cela nous a rendu les choses difficiles. Mais avec tout cela, nous nous sommes débrouillés pour être à la hauteur de la tâche qui nous incombe. Certains nous attendaient au tournant. Ils pensaient que nous n’allions même pas commencer la saison. Eh bien, je vous informe que jusqu’à l’heure où nous sommes (lundi 1er août 2016 à 16 heures), nous avons pu récolter 75 millions de dinars (7 milliards 5 00 millions de centimes). Nous avons dépensé à ce jour 6 milliards rien que pour payer les joueurs et le staff technique auxquels nous avons donné des avances allant jusqu’au mois d’octobre et pour certains jusqu’à novembre. D’où est ce que nous sortons cet argent ? Vous croyez que recruter douze joueurs, c’est dépenser zéro centimes ? Nous utilisons toujours l’argent des transferts à bon escient. Ces jours-ci, nous allons payer les nôtres, ceux qui sont là depuis toujours avec nous. Je ne sais pas pourquoi les gens de Chlef qui sont nantis financièrement n’aident pas le club ? Je ne comprends pas pourtant ce n’est pas difficile de comprendre que les retombées la renommée de l’ASO touchent tout le monde.

 

Et si on parlait des matchs amicaux, certains disent que cela commence mal puisque le CABBA nous bat alors que nous avions de le battre chez lui en match officiel. Qu’en dites-vous ?

 Non, nous jouons les matchs amicaux avec d’autres objectifs que le fait de gagner ou perdre. A titre d’exemple, à Tikjda, l’entraineur est en train de voir la complémentarité des uns avec les autres, pour certains, il est carrément en train de leur chercher quel est le meilleur poste possible où ils peuvent éclater. Qui peut être titulaire d’entrée et qui sera sa doublure. C’est à partir d’observations pareilles qu’il peut dégager l’effectif qui se déplacera à Ain Drahem en Tunisie par exemple. Les matchs amicaux serviront à trouver les meilleures solutions pour démarrer le championnat. Cela commence par le match de Biskra.

 

Quels sont les objectifs fixés pour la saison 2016/ 2017 ?

Notre objectif est de donner au club sa véritable place, c’est-à-dire en Ligue 1 professionnelle Mobilis. Nous avons discuté longuement avec les jeunes que nous avons ramenés et les autres. Pour l’entraineur et son staff, nous sommes d’accord sur ce point. Pour l’entraineur en chef, c’est inscrit noir sur blanc sur son contrat. L’accession comme objectif. Le maintien ne m’intéresse pas du tout.

 

Parfait M. Médouar, mais pour accéder en L1, il faut beaucoup de moyens. Certes, vous avez engagé comme entraineur en chef un spécialiste de la question, nous avons également abordé le volet des joueurs et leurs qualités. Pour le nerf de la guerre, il semble que vous vous êtes bien débrouillés pour démarrer le championnat mais ce dernier est long et les virages nombreux. Il faut avoir les reins bien solides financièrement s’entend. Ne le croyez-vous pas ?

Je suis un homme de paix, nous luttons pour cette ville, pour cette région afin qu’elle soit au plus haut niveau. Seul, je ne peux rien faire. Je tends ma main à ceux qui travaillent. Les gueulards et ceux qui sont dépassés par les événements, ceux qui ont raté le train, j’en ai rien à faire. Quelques voix se sont élevées pour nous critiquer alors que lorsque leurs auteurs étaient aux affaires, ils n’ont rien donné au club, pas un centime ou un mot d’encouragement. Durant vingt ans, depuis 1997, ils n’ont pas assisté une seule fois aux assemblées générales. Pas une seule fois ! Maintenant qu’ils sont partis en retraite et qu’ils ne fréquentent que les cafés, subitement ils commencent à parler du club du cœur. Où étaient-ils depuis vingt ans ? Qu’ont-ils apporté au club ? Rien. Alors, maintenant, ils n’ont qu’à rentrer dans leurs coquilles. C’est une toute petite minorité. Les gens savent de qui je parle. Je n’avais pas les moyens qu’ils avaient quand ils géraient, je n’avais pas le pouvoir qu’ils avaient quand ils géraient, je n’avais pas le pouvoir qu’ils avaient quand ils étaient responsables. Ils n’ont pas aidé le club. La preuve, ils ont laissé le club sous forme d’épave. Dieu merci, avec l’aide des hommes, leur volonté et leur abnégation, l’ASO est devenu un club auquel ont fait mille et un calculs. Sur le plan infrastructurel, le club est devenu parmi les plus riches d’Algérie grâce aux hommes qui ont veillé des nuits durant. Laissez les gens travailler. Que ceux qui peuvent apporter un plus soyez les bienvenus dès demain.

A propos d’industriels, ceux de Chlef viennent de s’organiser et ont créé un bureau, plus précisément une délégation sous l’égide du FCE. Quelles relations avez-vous avec eux passée et future ? Sont-ils prêts à aider l’ASO ?

Je connais l’ensemble de la composante du bureau du FCE de Chlef, à commencer par son président, M. Ahmed Rahmoun. Ce sont des voisins ou des amis. Nous pouvons organiser un repas convivial en leur honneur avec la présence de M. le wali et l’ensemble des autorités locales pour affiner les relations du FCE et de l’ASO. Pourquoi pas ? Après tout, ce sont des enfants de Chlef. Pour l’instant, je n’ai pas envie d’aller les voir. Quand nous lançons la machine et que nous obtenons de bons résultats, on va les solliciter pour nous aider dans notre mission.

Quid de vos relations avec les autorités locales ?    

Je considère personnellement le wali, M. Aboubakr Essedik Boucetta, comme pratiquement membre de l’ASO. C’est un véritable chef qui nous a aidés dans les moments difficiles. Il a toujours répondu présent quand nous le sollicitons. Il dit toujours : «Allez-y, nous sommes là. Quand je dis monsieur le wali, je parle de toute l’équipe qui suit, c’est-à-dire l’APW, l’APC qui nous aident énormément avec des subventions considérables chaque été. Je parle également des directeurs de l’exécutif. Non, ce n’est pas ce coté qui nous fait défaut, c’est plutôt du côté des sponsors qu’il faut aller chercher.

Dites-nous, M. Medouar, les Chélifiens peuvent-ils rêver d’un nouveau titre ?

Vous savez, l’appétit vient en mangeant. Si nous voulons que les jours fastes de l’ASO et de la région reviennent, ce n’est pas de la façon des deux exercices précédents. Il faut supporter le club jusqu’au bout et ne pas sous-estimer ses responsables qui ont beaucoup donné. Tous ont donné un peu, j’ai peut-être donné plus et différemment. Quand je dis moi, cela veut dire tout le groupe qui travaille avec moi. Si nous sommes tous unis, c’est possible. Si le programme que nous avons tracé se réalise, cela veux dire que nous seront parmi le peloton de tête dès le départ. Le reste va suivre. Les autorités et les industriels sauront que la machine est lancée. Il faut prendre le train en marche. Cela va venir, vous verrez.

 

Après ce long entretien, nous vous laissons conclure.   

J’espère que les lecteurs  du journal Le Chélif qui porte le nom de cette région auront bénéficié des informations de cette interview que nous avons ensemble menée avec une très grande franchise et où nous avons tout déballé. Que les gens le sachent : je n’ai jamais pensé un seul moment bénéficier politiquement sur le dos du club. Au contraire, le grand parti que j’ai représenté en tête de liste a bénéficié de plusieurs sièges grâce à ma personnalité. J’étais militant, je n’ai pas été parachuté. Je souhaite longue vie au journal et soyez les bienvenus à tous moments. Les portes de mon bureau vous seront toujours ouvertes.

Entretien réalisé par Khaled Ali Elouahed

A suivre

Dans notre prochaine édition, vous trouverez les dessous d’une autre affaire. Ce sera l’affaire Salhi