Par Mokrane Aït Djida

On a certes le droit d’être fiers de ces  milliers de bacheliers qu’on a la possibilité d’accueillir chaque année au sein de notre université ; on le sera davantage lorsque ces derniers pourront mettre leur savoir acquis à l’amphi au service d’une économie fragilisée par la rente, et d’une société qui hésite à prendre le train de la modernité.

La visite du Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique à Chlef intervient dans un contexte assez particulier dans la mesure où l’Université Hassiba Benbouali s’apprête à accueillir des milliers de nouveaux bacheliers. En effet, si de l’avis de la majorité, l’opération des préinscriptions et inscriptions s’est déroulée dans de très bonnes conditions, et ce, grâce aux efforts de toute la famille universitaire, il n’en demeure pas moins que cette institution se trouve face à un défi majeure : celui d’assurer une formation de qualité à ces nouveaux arrivants après leur avoir garanti des places pédagogiques, des lits et une bourse pendant toute la formation. Il serait facultatif d’insister encore une fois sur le fait que l’université Hassiba Benbouali a connu ces dernières années un essor considérable qui l’a hissée au rang des plus grands établissements du pays. Cela, loin de constituer une simple source de fierté, met les responsables nouvellement installés dans l’obligation de chercher les voies et moyens de faire de l’université plutôt qu’une machine à distribuer les diplômes, un lieu où on acquiert un savoir susceptible d’être réinvesti ultérieurement dans la vie professionnelle. Pour ce faire, différentes initiatives avaient été prises par la direction afin de tenter de répondre ne serait-ce que partiellement aux besoins de la société et contribuer ainsi au développement du pays qui, comme tout le monde le sait, traverse une situation économique dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle n’est guère reluisante. A cet effet, rappelons que des actions concrètes allant dans le sens de l’ouverture de l’université sur la société ont été entreprises, à commencer par les rencontres organisées avec le FCE et au cours desquelles ont été débattues des questions relatives à l’employabilité et aux potentialités dont dispose la région. Une cellule d’assurance qualité chargée de réfléchir aux objectifs assignés aux différentes formations proposées ainsi qu’à la meilleure façon de rentabiliser l’action pédagogique a en outre été installée. Enfin, un plan d’action quinquennal à l’élaboration duquel avaient été associés enseignants et responsables administratifs exige de chacun qu’il s’inscrive dans une dynamique qui veut que, dorénavant, toute action entreprise soit appréhendée dans sa finalité.

En définitive, ce qui est attendu de l’université est qu’elle se mette au diapason des changements ayant affecté aussi bien notre société que le reste du monde ; et pour cela, l’obligation des résultats ne devrait nullement être un simple slogan qu’on brandit à chaque rentrée universitaire, mais bien un principe dont chacun doit s’imprégner si l’on veut vraiment que notre université accède à la modernité.

M. A. D