C’est vers les coups de 18h00 que nous arrivons devant la salle omnisports de Hassi Mamèche, un gros bourg en pleine mutation situé à une dizaine de kilomètres au sud-ouest de la ville de Mostaganem. A l’intérieur, les filles du NRC s’y entrainent depuis au moins une bonne heure. Elles sont là depuis une bonne semaine à se préparer pour une saison très dure durant laquelle elles auront à affronter les meilleures équipes de volley-ball du pays. Pour ceux qui ne le connaissent pas, le NRC est ce prestigieux club de volley-ball, appelé aussi «Nedjmet Chlef» (l’étoile de Chlef), qui continue d’honorer la ville éponyme grâce au soutien sans faille de M. Ali Boudina, son président d’honneur et principal sponsor. 

Sous la houlette de Khaled Moudjebar, entraineur en chef du Nedjm Riadhi Chlef (NRC), que les entrainements se succèdent pour les 14 joueuses de l’équipe séniore. La séance d’après-midi est consacrée à des exercices physiques soutenus. Non seulement il s’agit d’éprouver les capacités physiques et mentales de chaque joueuse mais aussi et surtout parfaire les gestes techniques et la coordination entre tous les éléments de l’équipe.

Le coach qui connaît parfaitement la force et la faiblesse de chacune des joueuses s’est attelé à corriger leurs défauts en s’aidant de l’entraineur en second, FLENE BENFLENE, et d’un arbitre fédéral officiant au championnat national français.

Les exercices sont nombreux qui appellent à la concentration, l’observation, la précision et surtout la coordination des mouvements entre les joueuses sur le terrain. En quelque sorte, c’est un mouvement d’ensemble où chaque élément est tenu de jouer un rôle particulier sans lequel l’harmonie est vite rompue. Et la défaite rapidement consommée. Il ne faut pas oublier que le NRC évolue en super-division et qu’en face, il se doit d’affronter des adversaires très aguerris et bénéficiant de tous les égards de la part et de leurs instances dirigeantes et des autorités en charge du développement du sport d’élite.

Ce n’est pas exactement le cas pour le NRC qui ne doit sa survie qu’au soutien sans faille de son principal sponsor M. Mohamed Boudina.

Grâce à cet entrepreneur, le NRC joue les premiers rôles en championnat national de volley-ball féminin. A la fin de la saison 2015-2016, Nedjmet Chlef est arrivée à disputer la finale de la coupe d’Algérie face aux Pétrolières du MCA. Battue par la plus petite marge, le NRC a sauvé l’honneur des Chélifiens qui, depuis quelques années, voient péricliter le volley-ball à cause d’une gestion catastrophique des clubs dont certains vont complètement disparaître de la scène sportive. Inutile de citer leurs noms, ils se reconnaîtront d’eux-mêmes.

Une villa somptueuse, une cuisinière et un minibus…

Pour affronter les ténors de la super-division de volleyball, les «Étoiles du Chélif» devront être au top dès l’entame du championnat. Raison pour laquelle le sponsor major de l’équipe a décidé payer un stage bloqué à ses protégées d’une dizaine de jours à Mostaganem. Pour ce faire, il a loué une superbe villa de 4 niveau au quartier dit «Le chemin des crêtes», sur les hauteurs de Mostaganem. La résidence offre une superbe vue sur la mer. «Il n’y a pas de vis-à-vis qui gêne la vue et l’endroit est tellement calme qu’il ressemble à un cimetière», plaisante Naïma Chenouf, la capitaine d’équipe.

Un minibus avec chauffeur est à la disposition de l’équipe pour les déplacements vers la plage où s’effectuent les entrainements matinaux, et la salle de sports pour les séances de fin d’après-midi.

Mieux, M. Boudina a décidé d’affecter une femme-cuisinière qui s’occupe des repas quotidiens de l’effectif. «Nous aurions pu choisir un complexe touristique, mais vu le rush des estivants et les problèmes d’organisation que cela peut induire, nous avons préféré la formule proposée par notre président d’honneur, à savoir louer une résidence et préparer nous-mêmes les repas aux joueuses», explique M. Moudjebar, ajoutant qu’une intoxication alimentaire est vite arrivée dans les restaurants collectifs surtout en période estivale.

De l’endroit où elle est hébergée, l’équipe en a pour 10 minutes pour se rendre à la salle d’entrainement. La durée est identique pour se rendre à la plage d’Ouréah où les filles doivent s’essouffler sur le sable. Les exercices qui se font aux aurores comptent double. Aussi, le temps imparti aux entrainements est réduit de moitié.

La finalité de cet investissement est de préparer l’équipe à une compétition qui s’avère rude au vu des moyens colossaux dont disposent quelques équipes de la super-division, essentiellement le Mouloudia d’Alger qui jouit de l’appui de la puissante compagnie nationale de pétrole et de gaz, la Sonatrach. Même les équipes béjaouies, dont l’un s’est adjugée «Gigi», une joueuse émérite du NRC, s’apprêtent à entamer la saison avec un moral gonflé à bloc.

Une saison difficile

En dépit de l’ambiance morne qui règne dans le milieu du sport féminin à Chlef et du peu d’intérêt accordé par les instances dirigeantes au développement des disciplines sportives autres que le football, le NR Chlef continue de porter à bout de bras le volleyball dans la wilaya. Et cela, grâce à l’engagement exemplaire du staff technique, du président du club et de l’entreprise Mohamed Boudina dont le soutien financier a permis au NRC de disputer depuis ces dernières années les premières places aux ténors de la super-division. Cette même entreprise a sauvé un club de football, le CRBOA en l’occurrence, d’une relégation certaine.

Khaled Moudjebar et ses joueuses sont conscientes que la chance qui leur est ainsi offerte n’est pas près de se renouveler. Aussi, coach et team font preuve de sérieux et d’abnégation pour honorer la confiance placée en eux. Et cette confiance se traduit par une régularité dans les entrainements, le respect de la discipline de groupe et l’application stricte des consignes données par l’entraineur, notamment ne matière d’hygiène de vie. En effet, il n’est pas permis les écarts de régime, pas plus que la farniente ou le surmenage. Dans d’autres clubs, les joueuses se nourrissent de sodas et de chips, ce que refuse catégoriquement le staff dirigeant du NRC.

À titre d’information, l’équipe loge dans les meilleurs hôtels lorsqu’elle est en déplacement et les repas, dont la consistance est élaborée par un diététicien, sont commandés à l’avance à l’hôtelier sinon au restaurateur choisi.

Pour les dirigeants du NRC, chaque détail compte, à commencer par la tenue des joueuses qui doit être impeccable tant du point de vue confort qu’esthétique. D’ailleurs, nous disait le président il y a quelques temps, les joueuses du NRC ne portent que des tenues de marque. Cela fait évidemment pâlir d’envie les autres formations sportives féminines de Chlef… et enrager leurs dirigeants qui n’arrivent pas à se mettre à niveau.

Tous ces aspects participent à la bonne entente entre les joueuses et leurs dirigeants, souligne M. Moudjebar dont le but ultime est d’arracher un titre cette année. En tout cas, la capitaine d’équipe Naïma Chenouf et ses coéquipières y tiennent énormément.

Ali Laïb