Ahmed Djellouli, secrétaire générale de la fédération nationale des jeunes entrepreneurs de la wilaya de Chlef 

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«L’arboriculture, l’élevage et le tourisme sont les leviers du développement»

 Dans l’entretien qu’il nous a accordé à la suite de la publication de notre reportage sur Breira, Ahmed Djellouli, entrepreneur et secrétaire générale de la fédération nationale des jeunes entrepreneurs de la wilaya de Chlef, a indiqué que, malgré l’isolement et le dénuement de la commune Breira, le défi du développement peut être relevé grâce aux jeunes ambitieux de la commune pour peu qu’ils soient entendus et orientés. Il appelle dans ce sens les autorités locales au niveau de la commune et de la wilaya à prendre en considération les préoccupations de ces jeunes qui représentent la force et le «trésor» du pays. Notre interlocuteur met l’accent sur la nécessité d’accorder une attention particulière de la part des autorité de la wilaya à cette commune marginalisée depuis longtemps pour la faire sortir de son isolement qui n’a que trop duré. 

Le Chélif : Que pensez-vous de l’état de développement de la commune de Breira ?

Ahmed Dellouli : Bien que les choses ne soient plus comme avant dans la mesure où beaucoup de choses ont changé en comparaison avec les années 1990, mais je pense que le niveau du développement dans notre commune est encore en deçà des aspirations de la population locale, je suis certain que si les autorités tant au niveau de la commune qu’au niveau de la wilaya donnent de l’importance au développement dans cette commune, les choses iront beaucoup mieux qu’elles ne le sont aujourd’hui au regard des moyens que met l’Etat pour le développement local en encourageant les jeunes à investir dans l’agriculture et autres secteurs de production .

 Parlez un peu du secteur de l’agriculture qui est la principale activité au niveau de la commune

L’agriculture est presque la seule activité qu’exercent les habitants de la commune de Breira qui l’ont héritée de père en fils, ils y excellent d’ailleurs. Mais il faut dire qu’avec la construction du barrage Kef Eddir, cette activité a beaucoup reculé puisque la plupart des terres cultivables ont été submergées par les eaux, ce qui a poussé un nombre important d’agriculteurs à aller investir ailleurs comme la wilaya de Mostaganem et celle de Aïn Témouchent. Personnellement, j’ai eu la chance de visiter certaines exploitations situées dans les communes de Mazagran et Mameche dans la wilaya de Mostaganem, j’ai constaté de quoi les gens sont capables lorsqu’ils trouvent les moyens. Ce n’est pas la volonté et la détermination qui manquent. Quand il y a de l’ambition, rien ne peut empêcher une personne de réaliser ses rêves et ses projets, et c’est le cas pour ces agriculteurs qui ont effectué plusieurs kilomètres pour aller investir là-bas, loin de leurs familles. Des milliers d’hectares sont exploités. On y cultive notamment la tomate sous serre en hiver et en plein champ à l’automne, il s’agit de la variété qu’ils appellent dans leur jargon la Saint Michel, en plus d’autres légumes et fruits comme le concombre, le piment, la pomme de terre ainsi que la pastèque et le melon.

 Pour rester au niveau de la commune, que faut-t-il faire pour investir dans ce domaine ?

Il reste l’investissement l’arboriculture fruitière comme l’olivier qui peut s’adapter à la nature géographique de notre région, surtout si l’Etat intervient pour approvisionner la commune d’une part en eaux du barrage de Kef Eddir en plus de l’ouverture de nouvelles routes et pistes pour faciliter l’accès aux investisseurs dans les zones montagneuses. Vu le relief accidenté et difficile d’accès qui caractérise une grande partie de la commune, je crois que l’élevage caprin est aussi l’une des solutions qui peuvent encourager les gens à investir près de chez eux sans aller travailler loin. Ces deux activités seront d’une valeur ajouté importante pour la commune. Pour ce faire, l’Etat doit faciliter l’octroi des crédits aux jeunes dans le cadre des dispositifs de l’Ansej, Cnac et Angem. Il y a un autre secteur qui constitue, à mon avis, une alternative économique pour la commune. Il s’agit du tourisme qui pourra être une ressource pour les recettes de la commune tout en assurant de nouveau postes d’emploi pour les jeunes  grâce aux paysages que peut offrir le barrage aux visiteurs. Beaucoup de site forestiers reste à l’état sauvage. Cela aussi nécessite l’aménagement des sites comme la réhabilitation des routes communales et d’en ouvrir d’autres.

 Qu’est ce que vous pouvez ajouter ?

J’aimerais lancer un appel aux autorités de la wilaya qui doivent accorder de l’intérêt à cette commune et j’invite les directeurs de wilaya en charge des différents secteurs de venir voir de près, dans les différents douars, la situation de notre commune et l’état de la population qui souffre de l’isolement et de la pauvreté. Je sais qu’ils se contentent seulement de la visite du chef-lieu de la commune dans le cadre de leurs visites d’inspection. Dans le même temps, je lance un appel aux jeunes à redoubler d’efforts et aller suivre des formations dans les différents domaines pour bénéficier des aides de l’Etat afin de créer leurs propres entreprises et par la même créer des postes d’emploi. Avant d’oublier, je souhaite que les autorités de la wilaya prennent en considération les habitants de Tadjmout qui ont perdu leurs terres touchées par le barrage de leur donner une part des terre à distribuer dans la commune de Oued Fodda.

 Un mot pour conclure

Je souhaite que notre commune sorte de son marasme économique qui n’a que trop duré pour permettre à la population de vivre décemment et je remercie l’hebdomadaire Le Chélif qui est le seul journal qui s’intéresse à notre commune en lui souhaitant une longue vie pleine de réussite.

Propos recueillis par Hassane Boukhalfa