Le président de l’APC de Breira, M. Ahmed Bouchami, a reconnu que l’état de développement n’est pas à la hauteur des ambitions de ses citoyens lors d’une entrevue qu’il a accordée dans son bureau. Il a imputé cette situation au manque de projets d’investissement importants comme les usines et le recul de l’activité agricole pour plusieurs raisons.

L’absence d’investissements fait que la commune ne possède aucune ressource financière pour améliorer ses recettes. Pour lui, le premier handicap au développent au niveau de la commune de Breira reste l’isolement de cette dernière en raison de sa situation géographique ; la commune se trouve loin des axes routiers connaissant un mouvement dense et fréquent. Cela fait d’elle une commune éloignée des regards et, par conséquent, elle n’est pas visible aux investisseurs qui ne la connaissent pas. Le maire a également soulevé le problème du foncier qui fait défaut car toutes les terres sont des propriétés privées. A ce propos, M. Bouchami a affirméceci : «Nous trouvons d’énormes difficulté pour convaincre un propriétaire de céder un partie de ses terres pour construire un établissement d’utilité publique comme les écoles et les autres équipements sociaux».

A propos du développement de l’agriculture, il nous a précisé qu’au moment où l’activité agricole commence à prospérer, le projet de la construction du barrage de Kef Eddir a tout changé : «Après la construction du barrage, beaucoup d’agriculteurs ont quitté la commune pour aller investir ailleurs dans d’autres wilaya, ce qui influer négativement sur la population de la commune», a-t-il ajouté. En effet, cette situation a fait que beaucoup de jeunes ont perdu leur gagne-pain car ils étaient employés comme journaliers dans ces exploitations. Cependant, cet ouvrage sera d’une utilité inestimable dans le long terme puisque une étude est en cours pour alimenter la commune de Breira en eau pour mettre fin à la crise que connait la commune chaque été, s’est félicité le premier responsable de la commune.

 

L’eau, la route et l’emploi pour fixer la population

Pour ce qui est du chômage des jeunes, notre interlocuteur a souligné que les mesures d’austérité ont obligé les collectivités locales à rationaliser les dépenses en gelant certain projet comme celui du dispositif «Algérie Blanche» qui emploie auparavant une centaine de personne et dont le nombre a été réduit à 60 avant d’être gelé carrément.

Il en est de même pour les malades chroniques qui bénéficient d’une allocation, ce qui leur garantit d’utiliser la carte «Chiffa» qui est gelé également.

À propos de l’absence d’associations au niveau de la commune, mis à part l’association sportive qui active depuis plus de 5 ans, le maire a indiqué que cette carence n’est pas de la faute de son administration mais de la population qui n’a pas cette culture et surtout parce que ce genre d’activité n’ouvre droit à aucune contrepartie financière. Le mouvement associatif est le fait de bénévoles activant au profit de la communauté.

Pour convaincre et encourager les citoyens à investir au niveau de leur commune sans aller vivre loin de la famille, Ahmed Bouchami promet de donner une importance particulière à l’aménagement des douars comme la réhabilitation des routes, l’ouverture d’autres et le goudronnage des pistes pour faciliter le déplacement surtout lorsqu’on sait que une grande partie du réseau routier communale est dans un état de dégradation avancée. L’approvisionnement en eau potable des douars n’est pas en reste, le maire compte en effet procéder à l’alimentation des hameaux et groupements d’habitations en eau potable dans les meilleurs délais sans oublier les autres équipement sociaux comme les écoles et les salles de soin. Cela va participer à encourager les population à se fixer dans leurs douars. A ce propos, notre interlocuteur s’est engagé à ne ménager aucun effort pour faire sortir la commune de Breira de sa situation de dénuement et d’isolement. L’avenir nous le dira.

Hassan Boukhalfa