Visite du ministre de l’industrie et des mines à Chlef

Malgré la crise conséquente à la chute des prix du brut sur le marché international, qui s’est traduite notamment par un amenuisement des rentrées financières du pays, il est des entreprises privées qui gardent la tête hors de l’eau. Et qui, encore mieux, repensent leurs investissements de fond en comble pour assurer,  non pas leur survie, mais leur expansion à travers la diversification de leurs produits et services. Cela est dû en grande partie à la ténacité et au sérieux de leurs actionnaires et propriétaires qui, de l’aveu de tous les Chélifiens, n’ont jamais baissé les bras face à l’adversité. Ces entreprises privées, fleurons de l’industrie à Chlef se nomment Soprec, Peng Pu et Gmi.

Le ministre de l’Industrie et des Mines, M. Abdeslam Bouchouareb, qui est arrivé aux environs de 8 h 30 mn au siège de la wilaya de Chlef, pour une visite de travail et d’inspection, s’est rendu aussitôt à la zone industrielle d’Oued Sly (à l’est du chef-lieu de wilaya). Là, M. Bouchouareb s’est dirigée tout d’abord vers la cimenterie de Chlef, considérée comme la plus importante unité industrielle de toute la wilaya. C’est autour de cette usine construite dans les années 1970 pour à la fois atténuer la demande nationale en ciment et, dans le même temps, participer à la résorption du chômage qui sévissait à l’époque dans cette wilaya essentiellement agricole, que gravitent une intense activité économique liée à la commercialisation du ciment. Rénovée plusieurs fois dans le cadre des opérations cycliques de maintenance, cette usine a bénéficié d’un programme d’extension visant à accroître ses capacités. Le ministre a reçu de la part des gestionnaires de l’usine des explications à propos de la réalisation de la troisième ligne de production qui poussera la production à environ 4 millions de tonnes par an à l’horizon 2017. Le ministre a donné des instructions afin que la ligne soit réceptionnée fin octobre 2017.

Gmi, une ambition internationale

La délégation s’est ensuite déplacée au niveau de l’usine de montage des transformateurs électriques appartenant à l’Entreprise «Groupe moteur international» (GMI) Algérie. Propriété du jeune et dynamique opérateur privé Djeloul Hamidi, cette unité produit des groupes électrogènes de très haute facture destinés aussi au marché national qu’à l’exportation. La demande exprimée par les nombreux clients, notamment les entreprises publiques et privées et nombre d’institutions stratégiques est telle que le P-dg du groupe a dû réaliser en 2014 l’extension de son usine en signant un important contrat de partenariat avec le groupe suédois Volvo Penta pour la production d’une gamme de transformateurs électriques allant de 100 à 2000 Kva.

Il faut dire que Gmi a connu quelques difficultés bureaucratiques qui ont empêché une nouvelle extension pour la réalisation d’autres produits avec un taux d’intégration assez important. En effet, l’objectif de ce groupe industriel est d’arriver à produire un grand nombre de pièces entrant dans la composition des produits qu’il fabrique et ce, dans le cadre des nouvelles orientations politiques du pays.

Un nouveau parc industriel

Le ministre s’est ensuite rendu au niveau de la nouvelle zone industrielle d’Oued Sly ou il a reçu des explications sur le nouveau parc industriel de Boukader qui est d’une superficie de 200 ha et qui nécessite pour sa réalisation une enveloppe de 5 570 000 000 DA. Le parc industriel d’Oued Sly est, quant à lui, d’une superficie de 109 ha et nécessite une enveloppe financière de 2 757 302 500 DA. En ce concerne les nouvelles zones d’activité, 10 sont prévues et sont disséminées à travers les communes de Harchoune, Oued Sly, Dahra, Oum Drou, Hadjadj, Boukader, Ouled Ben Abdelkader, Zebboudja, Sobha et Taougrite. Elles sont d’une superficie totale d’environ 126 ha et nécessitent un montant d’un milliard de dinars pour être opérationnelles

Dans une déclaration à la presse, le ministre a estimé que le foncier prévu pour la wilaya, au vu de son fort potentiel industriel, de sa situation géographique et des atouts dont elle dispose, est insuffisant. D’où, dit-il, la nécessité d’inscrire une zone supplémentaire au vu de l’importance qu’est en train de prendre la wilaya.

Au retour, le ministre est passé à l’unité CTS (production de treillis soudés) relevant du groupe Rahmoune qui s’est également impliquée dans la réalisation de logements avec de nouveaux matériaux légers.

Soprec, l’innovation au service du développement

A 11 h 30, la délégation ministérielle s’est rendue à l’unité de réalisation de logements préfabriqués appartenant au groupe Soprec où des explications afférentes au groupe, aux différentes unités (SOPREC Construction, PLACO Distribution, ALENER Solaire), aux matériaux utilisées (production de faux plafonds démontables, d’agglo-béton prêt à l’emploi) ainsi qu’à la formation (GRH, DFC, différents métiers, énergie solaire), ont été données au ministre.

Pour rappel, le groupe Soprec, qui était au départ une entreprise de bâtiment et de construction, a su s’adapter aux différentes conjonctures économiques et évoluer pour devenir l’un des groupes industriels les plus en vue, non seulement à Chlef, dans plusieurs wilayas du pays, notamment dans l’Algérois. Les prévisions d’expansion du groupe n’ont pas de limite puisque ce dernier a jeté son dévolu sur la production de panneaux en plâtres, faux-plafonds, produits d’isolation phonique et thermique, construction de différents types d’habitations, bâtiments administratifs, locaux et leur revêtement. Et ce n’est pas du tout : le groupe a créé une filiale entièrement tournée vers les énergies nouvelles et renouvelable, Alener, qui initie les architectes, ingénieurs et cadres de maîtrise aux techniques du solaire et de l’éolien. Cette dernière entreprise commercialise également différents équipements solaires et propose des solutions aussi bien aux institutions et entreprises qu’aux particuliers.

Tout dernièrement, le groupe Soprec s’est investi dans le tourisme, projetant de réaliser un village balnéaire conçu en matériaux produits par le groupe et entièrement alimenté en énergie solaire. De même qu’il compte s’engager dans la production fruitière, les agrumes notamment, en plus d’autres activités que le directeur général a promis de révéler en temps opportun.

Peng Pu Algérie : maintenance et montage de camions et engins

Le ministre s’est ensuite rendu au niveau de l’unité Peng Pu Algérie de montage d’engins de travaux publics et bâtiments avec un partenaire sud coréen qui n’est autre que le consortium Daewoo. Le projet a démarré en 2003 sur une assiette foncière de 4 hectares avec un bloc pour ligne d’assemblage de 25 000 m2, un bloc usinage de pièces de rechange et parties engins de 7 000 m2, un bloc de stockage de 8 000 m2, et un bloc administratif de 300 m2. L’entreprise a créé 319 emplois et produit 320 unités en moyenne avec un pic de 540 en 2008. La production concerne des engins de travaux publics, des chargeurs, des compacteurs et des rétro-chargeurs, elle assure la couverture nationale d’un réseau de distribution et de maintenance après-vente.

Concernant la production de camions, l’usine implantée est la première en Afrique et vise la production de 18 modèles de camions de transport.

Peng Pu Algérie compte plusieurs représentations et succursale à travers le territoire national car sa devise est d’assister, en tout temps et en tout lieu, les nombreux clients du groupe.

La gamme de produits commercialisés par Peng Pu Algérie est impressionnante ? Il suffit de voir les show-rooms d’Oum Drou, Oran et Alger pour ne citer que ces trois villes pour s’en convaincre. Engins, camions, tracteurs, groupes électrogènes, grues, pompes à béton, rouleaux compresseurs, asphalteuses, enrobeuses, pratiquement tout entrepreneur intervenant dans la construction et les travaux publics peut trouver tout ce dont ses chantiers ont besoin avec, en prime, une garantie de service après-vente.

Par la suite, la délégation s’est rendue à Heumis, où se trouve la briqueterie du groupe Frères Rahmoune. Cette unité qui relevait du secteur public a été rachetée par le groupe Frères Rahmoune dans le cadre de la cession des entreprises publiques.

L’usine CERAMIT a été la dernière étape de la visite du ministre de l’industrie et des Mines. Cette unité est implantée à Sidi Akacha, elle produit différents types de produits en céramique, dont la céramique sanitaire. Une partie de sa prodution est exportée à l’étranger via le port commercial de Ténès, situé à moins de 5 km au nord.

Le ministre a tenu une réunion avec les opérateurs économiques, au niveau du siège de la wilaya à 15 h, où il s’est dit particulièrement impressionné par les entreprises qu’il a visitées. Il a félicité par la même occasion leurs propriétaires qui ont eu le courage de poursuivre leur politique d’investissement malgré le climat économique ambiant. Le ministre a par ailleurs développé la nouvelle vision du gouvernement en matière d’industrialisation, appelant les opérateurs locaux à explorer et à développer d’autres créneaux industriels.

A.Cherifi