Il a été joueur et entraineur de l’ASO

 Comment ne pas se rappeler de l’excellent entraineur-joueur qui forçait l’admiration de tous les sportifs sur les stades algériens de football de par sa force de caractère, son jeu plaisant de milieu de terrain tantôt défensif tantôt offensif et son fair-play : nous avons nommé l’ex-grand éducateur sportif et entraineur-joueur de l’ASO durant les années 1980, M. Mohamed Zairi avec qui nous vous convions à un tour d’horizon sur le passé mémorable de l’ASO, quelque uns de ses grands moments sportifs, le souvenir de ses illustres joueurs, ses internationaux appelés en sélection nationale et pour finir un mot sur l’actuelle ASO et actuelle équipe algérienne de football à la croisée des chemins. Flash-back.

 Années 1970-1980 : se souviennent-ils ces anciens nombreux supporters chélifiens du temps mémorable où le club de la capitale du Chélif, entrainés par les Mazouza, Sehailia, Zairi, Rogov, Hamouni, Belaid, Slimani, etc., faisait trembler les plus grands ? Assurément, ont répondu les fervents fidèles de l’ASO qui continuent à ce jour à supporter le club, en dépit de tous les impondérables et inconstances portant atteinte à sa réputation et à son prestigieux passé historique, notamment celui marqué par ses valeureux martyrs. Le club s’est particulièrement distingué en battant les meilleures équipes de son temps, à tel point qu’il était devenu la bête noire des plus redoutables entre elles. Et pour rappel, le team de l’ASO avait participé à la compétition d’une certaine coupe arabe aux pays du golfe arabique durant laquelle il s’était admirablement distingué face à de grosse cylindrées : match nul (0-0 face au Raja du Maroc (deux fois détenteur du titre), 4 à 2 face à El Kadissya d’Arabie Saoudite, terminant second au classement. Et par ailleurs, participant à une autre compétition arabe de football, l’ASO fut historiquement le premier club algérien de football à battre une équipe égyptienne chez elle, à la veille de l’entame des mémorables matchs de qualification de l’Algérie pour la coupe du monde face à l’Egypte. Ce fut un bon présage pour le football national.

Parmi les autres souvenirs des plus poignants qui restent gravés dans la mémoire des anciens supporters chélifiens, il y a, à ce propos, celui survenu du temps où Mohamed Zairi drivait le club de la capitale du Chélif : il s’agit d’un certain match JSK-ASO, disputé à Tizi-Ouzou, la JSK, alors dans ses moments de gloire, occupant la première place et l ’ASO la quatrième. L’équipe chélifienne du moment, quoique amoindrie financièrement, disposait néanmoins de bons éléments entièrement dévoués au club, mouillant le maillot jusqu’aux os. Nous citons, entre autres, les Bekakcha, Derbal, Selguia, Meksi, El Ghelam, Belaid, Lardjaoui, Nasri… L’équipe comptant, également, d’autres maestros à l’image de Belmokhtar (gardien de but à l’ASO et joueur dans l’équipe de volley-ball), Abdallah Hamouni, l’autre brillant gardien de but, l’excellent milieu Mustapha Bensaada, etc.          

 «Koun rajel», Monsieur l’arbitre

Evoquant cette inoubliable partie, Mohamed Zairi se rappelle que, dès l’entame du match, l’ASO réussit à ouvrir le score à la cinquième minute par l’intermédiaire de Derbal. Par la suite, loin de se cantonner en défense pour préserver son avantage, l’ASO continua à attaquer, ouvrant le jeu bien que les joueurs de la JSK réagissent par des assauts répétés pour égaliser et renverser la vapeur et, éventuellement, remporter le gain du match. Mais c’était compter sans l’abattage sur le terrain des coéquipiers de Derbal.           

Cependant, remarquant que l’arbitre de la partie, en l’occurrence M. Benzelmat, se faisait remarquer par des jugements douteux, l’entraineur Zairi n’hésita pas à interpeller en ces termes : «Si Benzelmat, koun radjel !» (Monsieur l’arbitre, jugez en homme vrai !). C’est surtout dans le dernier quart d’heure qui restait à jouer que ça chauffait autour des bois chélifiens et, au dernier corner accordé, l’arbitre siffla la fin de la partie alors que la balle était dans l’air, le temps réglementaire s’étant écoulé. S’adressant, alors, à l’entraineur de l’ASO, l’arbitre déclara : « Si Zairi, radjel ana wella la ?» (Alors Monsieur Zairi, me suis-je comporté en homme oui ou non ?». Ce à quoi l’entraineur de l’ASO répondit, pleinement satisfait : «Enta radjel ou noss !» (Vous vous êtes comporté en homme vrai !).

Les supporters de la JSK acceptèrent sportivement cette défaite quoique amère du leader perdant sur son terrain et ce, d’autant plus que cette date marquait l’inauguration du nouveau stade du 1er novembre de Tizi-Ouzou. C’était du temps où les publics sportifs applaudissaient en toute équité sportive les prouesses de l’adversaire sur tous les stades d’Algérie, le fair-play et la fraternité sportive n’étaient pas de vains mots !

 

Rogov, Belkacem El Houari, Boudjeltia Djazouli, ces hommes de l’ASO

Evoquant l’époque de l’après séisme de 1980, M. Zairi se rappelle d’un certain illustre entraineur, en l’occurrence le défunt Rogov qui était passé par l’ASO avant d’être désigné à la tête de l’équipe nationale de football. Cet homme a donné beaucoup au football local et algérien, en général, et les techniciens-connaisseurs se souviennent de lui pour son apport inestimable pour la détection, la formation et la promotion de jeunes talents lancés dans le team national. On dit même de Rogov qu’il impulsa dans l’équipe algérienne de football, à la veille de sa prise en main par ses successeurs algériens après 1980, le système de jeu défensif inspiré de la défense de zone en hand ball. Et toujours est-il, que durant cette période, l’ASO était un bon fournisseur d’éléments sûrs, pratiquement dans toutes les catégories : séniors, juniors, cadets. Et pourtant, le club ne disposait alors guère de moyens, les joueurs mouillant avec dévouement le maillot en dépit de leur situation difficile que s’attelaient à réguler, parfois en recourant à leurs poches, les anciens dirigeants intègres, tels le défunt et ex-doyen membre fondateur El Hadj Belkacem El Haouari, ou encore M. Boudjeltia Djazouli, l’ex-maire de Chlef, et tant d’autres mécènes.       

Parlant de l’équipe actuelle de l’ASO, l’ex-entraineur-joueur, tout en soulignant les prouesse de l’ASO à ces moments forts sous la férule de son actuel président Abdelkrim Medouar, alors dans ses beaux jours de bon manager totalement consacré au team chélifien. Il déplore néanmoins le fait que le grand club chélifien ne soit plus que l’ombre de lui-même, alors qu’il brillait tant par le récent passé, remportant notamment le premier championnat professionnel d’Algérie avec un capital de 13 points d’avance sur ses dauphins et une mémorable coupe d’Algérie. Cependant, en technicien averti, M. Zairi souhaite que le club puisse se renforcer avec des joueurs formés du cru et se procurer au mercato ceux dont il a grandement besoin, notamment dans le secteur défensif. Car c’est là que le bât blesse : la défense de l’ASO reste son point faible majeur et l’équipe ne pourrait aspirer à l’avenir à rien de bon sans un solide compartiment défensif. Aussi, espère-t-il pour la saison footballistique prochaine, en souhaitant que le club ne court pas droit à la catastrophe de la relégation, suite aux regrettables graves négligences qui nous ont couté déjà la descente (évitable pourtant) de ligue I, la constitution d’abord et avant tout d’un solide rempart défensif.

 

L’ASO, réservoir de l’EN

Pourtant, l’équipe de l’ASO s’était le plus souvent distinguée, durant son glorieux passé, par notamment ses atouts défensifs. Est-ce à croire que l’ASO a tout perdu de son traditionnel jeu et flegme réputé de la sobriété de ses joueurs ? La fermeté, la rigueur et l’abattage des chélifiens était à tel point que l’équipe nationale puisait au fil des années dans le réservoir de ses éléments. Ainsi les grands noms du football algérien que furent les défenseurs  intraitables de l’ASO : feu Meddadi puis Djelli, Zairi et les brillants Megharia, Belgherbi, etc., sans omettre les autres remarquables joueurs offensifs sélectionnés, comme Fedlaoui (sélectionné aux matchs en Libye), Belkaim I (sélectionné en équipe nationale militaire), Bouhella, Meksi, etc. (convoqués en équipe nationale) et par la suite leurs dignes successeurs Messaoud, Zaoui, Soudani, Salhi, etc.

Parlant de l’équipe nationale de football, cette même question de fragilité défensive qui prévaut dans le club chélifien, n’a pas été sans rappeler la situation prévalant dans l’axe défensif du onze national puisqu’on en parle. À ce propos, M. Zairi dira que tout est question de joueurs appropriés, de métier, c’est-à-die d’éléments qui ont fait leurs preuves, habitués à évoluer depuis longue date à leurs poste de prédilection. M. Zairi insistera aussi sur le fait qu’il faut donner du temps pour que les joueurs s’aguerrissent et s’acclimatent aux schémas tactiques des différents entraineurs les plus appropriés, selon lui, étant ceux habitués à driver des joueurs au tempérament et style de jeu méditerranéen et africain. Dans cette optique, le nouvel entraineur espagnol de l’Algérie, pourrait être d’un apport efficient, M. Zairi estimant qu’il convient de ne pas le juger dans l’immédiat et d’accorder du temps à cet entraineur qui pourrait peut-être relancer le team algérien dans sa course aux éliminatoires de la prochaine coupe d’Afrique et de la coupe du monde 2018, car le football n’étant pas une science exacte tout est possible et il n’ay a en fin de compte, que le travail entrepris dans le bon sens de l’éthique sportive qui paie.

Cet esprit de fair-play et de bonne moralité sportive et dans le quotidien, c’est précisément ce qui a toujours caractérisé l’éducateur M. Zairi dont le comportement franc reste à ce jour exemplaire pour ne pas dire admirable, lui insufflant cet air vigoureux d’esprit jeune malgré son vénérable âge. Chapeau bas Monsieur l’éducateur sportif, entièrement dévoué à l’ASO et à l’Algérie ! 

L. C.