L’ouvrage est signé Izdihar Bouchakor

C’est en mars dernier qu’a été publié l’essai que l’écrivaine Izdihar Bouchakour a consacré à deux figures emblématiques de la résistance à l’occupation française. Il s’agit de la martyre Hassiba Benbouali, étudiante brillante qui a rejoint les rangs du FLN, et qui se sacrifia pour son idéal de justice et de liberté.

L’opuscule de Bouchakor, publié en langue arabe, nous révèle des aspects méconnus sur la vie de la jeune Asnamie qui a quitté très jeune sa ville natale pour s’établir à Alger. Agée à peine de 10 ans, Hassiba accompagnait souvent sa mère Louisa qui se rendait régulièrement aux quartiers pauvres de la ville et aux villages environnants pour apporter son concours et son aide aux familles démunies.

Ces visites périodiques ont fait prendre conscience à la jeune Hassiba de la discrimination dont sont victimes ses congénères, qui explique l’état de misère absolue dans laquelle vivait la majorité des indigènes.

C’est dans cette Algérie française ségrégationniste qui accordait la part belle aux Européens et méprisait jusqu’à les écraser les Arabes et autres Kabyles et Chaouis, que grandira Hassiba. Finalement, la jeune fille va s’engager dans les rangs du FLN, elle estimait que la vie sous la colonisation n’avait aucun sens.

Très tôt, elle se fait repérer pour ses activités militantes dans la Casbah, certainement donnée par un des nombreux indicateurs arabes de la police française. Son portrait est affiché dans tous les commissariats. Ses chefs lui conseillèrent de limiter au maximum ses sorties, l’obligeant à vivre comme la plupart des «fidaï» à une époque où la France avait dépêché des centaines de milliers de soldats en Algérie pour mettre fin à la révolte. Alger est pratiquement sous blocus militaire et policier.

Selon de nombreux témoignages, ce sont les éléments du traître Hassan Guendrich, alias Zerrouk, qui retourna la veste pour se mettre au service du capitaine Léger, qui seraient à l’origine de la mort de Hassiba Benbouali et de ses trois compagnons : Ali La Pointe, Petit Omar (Yacef) et Mahmoud Bouhamidi. Le 8 octobre 1957, les quatre compagnons périssent dans leur cache après le dynamitage de l’immeuble qui l’abritait à la Casbah.

Quant à l’épopée de Boumaza, elle est fidèlement rapportée par l’écrivaine qui met en lumière la dimension de ce jeune chef de la résistance qui défia, avec une poignée de cavaliers, les terribles colonnes de la mort dirigées par les plus grands officiers de l’armée française coloniale.

A.L