À 29 ans, il rêve toujours de représenter dignement sa wilaya et, surtout, de faire profiter ses jeunes de son expérience sur les arènes de combat. Et de l’expérience, Zkaria en a, lui qui a été champion d’Algérie alors qu’il évoluait dans la catégorie des cadets.

Né à Chlef il y a 29 ans, Zakaria Hadj Benali est l’archétype du battant qui ne baisse jamais les bras. Titulaire d’une d’un master en sports en 2012, il exerce aujourd’hui en qualité de professeur d’éducation physique et sportive dans un lycée à Oran. Une ville où il a été obligé de s’installer faute d’un encouragement et d’une prise en charge dans sa ville natale.

Zakaria a fait ses débuts au club «Afaq Chettia». Le karaté l’a toujours fasciné et, dès son jeune âge, il s’est mis en tête de le pratiquer, implorant ses parents de l’inscrire dans le club sportif de son quartier où cette discipline est pratiquée par un grand nombre d’enfants et d’adolescents. «Avec le temps, dit-il, je me suis mis à aimer la discipline parce que j’ai commencé à gagner des compétitions». Ainsi, à force de travail et de persévérance, il se fait distinguer parmi la masse de pratiquants, il est sélectionné à une série de compétitions hors wilaya. Son entraineur a vu juste car le jeune Zakaria parviendra, non sans peine, à décrochr le titre de champion d’Algérie dans la catégorie «cadets». C’était en 2005. L’exploit passera inaperçu contrairement au sacre de l’ASO. Mais cette méprise à mettre sur le compte des animateurs du mouvement sportif local n’entamera pas sa volonté. Bien au contraire, Zakaria va démontrer qu’il est le meilleur de son équipe. «Mais je reste, malgré tout, un fervent supporter du club «Afaq Chettia» où je me suis formé et où j’ai formé de jeunes pratiquants», avoue-t-il.

La suite est un vrai conte de fée. Hadj Benali Zakaria est convoqué pour la première fois en équipe nationale en 2011, il en devient titulaire en 2013.

Pas même une invitation

Depuis, les médailles tombent. Zakaria a été en effet vice-champion d’Algérie universitaire, vice-champion d’Algérie sénior en 2011 et en 2012 et champion d’Algérie durant trois années successives, soit en 2013, 2014 et 2015. Il a participé également aux championnats du monde de 2014 au Canada où il est déclaré vice-champion du monde. Il a décroché également une médaille d’or aux derniers championnats arabes qui se sont déroulés à Tunis en février 2017.

La mort dans l’âme, Zakria qui pensait se frayer une place dans le gotha du sport à Chlef est déçu par le comportement irresponsable de certains dirigeants. «J’ai préféré partir à Oran pour enseigner l’éducation physique et sportive parce que j’ai été marginalisé et ignoré par les responsables du secteur de la Jeunesse et des Sports. Je n’ai reçu aucune distinction, aucune considération de la part des responsables à la tête des instances sportives et cela, malgré les médailles d’or que j’ai obtenues au niveau national et international».

Preuve en est, à l’inauguration de la maison de la culture de Chlef, les champions de toutes les disciplines sportives ont été invités à l’exception de sa personne. «Je ne sais pourquoi, mais ça m’a fait beaucoup de peine. Au contraire, à Oran, j’ai été accueilli avec les honneurs», affirme-t-il. Il précise que malgré les demandes de plusieurs équipes, dont le MCA, il avait refusé de quitter son club de Chettia. Mais la réalité est amère, il lui faut admettre qu’il n’est pas en odeur de sainteté dans sa propre ville. «J’ai obtenu un poste de travail dans un lycée à Oran, mais j’aimerais faire bénéficier les jeunes de Chlef de mon expérience. Hélas, les responsables du secteur en ont voulu autrement », conlut avec amertume Zakaria.

Menouer Aït Saada