Par Rachid Ezziane

Le soufisme version moderne se fout des musulmans. A chaque saison de chaleur ou de rut, ils nous sortent des ondoiements dignes des plus  grands cabarets du monde sauf que ça se passe dans des mosquées et entre mâles. Pour ne pas suivre la secte des Darawich, qui adorent Dieu en tournant, mais en vérité qui tournent en rond sans but ni raison, à Mostaganem, on a inventé la danse du patchwork. Des hommes habillés en clown s’évertuent dans des mouvements paganisés à folkloriser l’Islam après que les autres l’avaient «Daéchisé». Sont-ils conscients de leur aberration, qui ne peut s’expliquer que par leur égarement ? Comment peut-on croire qu’on peut adorer Dieu en guignol ou en tuant des innocents ? S’ils avaient un seul instant, les uns et les autres, dans leur bouffonnerie ou folie meurtrière, pensé à la présence du Prophète Mohammed (que la prière et le salut soient sur lui), ils n’auraient jamais osé accomplir de tels actes de démence ou de folie. S’ils avaient une seule fois bien lu le Coran ou compris un Hadith, ils auraient su qu’on adore Allah avec la prière et les bonnes actions, jamais avec l’apparence, la danse ou le meurtre. Sauf si tout ce charivari n’est que l’arbre qui cache la forêt de quelques desseins occultes qui veulent salir l’image de l’Islam. Mais ils auront beau vouloir donner une autre image de Islam, ils ne pourront jamais dévier les âmes pieuses et lucides de la vraie voie de Dieu…

Combien est grand le fossé entre Ibn Arabi et ces «patchworkistes» quand il dit : «Celui qui Lui attribue des modalités, ne professe pas Son Unicité. Celui qui Lui donne des représentations, n’atteint pas Sa véritable nature. Celui qui Le compare, ce n’est pas Lui qu’il désigne. Celui qui Le détermine et Le conçoit en imagination, ne professe pas Son Impénétrabilité. Agissant sans avoir besoin d’un instrument, prédestinant sans parcourir les possibles par la pensée, riche sans acquisition. Les divisions du temps ne Lui sont pas concomitantes, et les instruments ne sont pas Ses assistants. Son Être a précédé les divisions du temps. Son Existence a précédé le néant, et son Éternité, a précédé le commencement…» Qu’aurait-il (Ibn Arabi) dit en voyant ces archaïques se trémousser en habit de folklore pour se rapprocher de la voie Divine ?

Combien est immense la différence entre Abdelkader le soufi Algérien et ces «rapeurs» [qui chantent le rap] envoûtés et en totale rupture avec la raison et la religion. Combien est décevant de voir ce qui arrive à l’Islam, la religion de la sagesse et de la méditation. Combien j’ai honte de toutes ces choses qui font fuir les autres peuples de nous. Pourquoi sommes-nous devenus la risée du monde ? Qui en est responsable et pourquoi ?

Certes, il y a bien eu les «karamita» et autres «khawaredj», mais adorer Dieu en habit de patchwork, et dire, et croire, que ça leur vient de visions transcendantales -avec illumination et révélation-, on aura tout vu en ces temps qui courent. Y a-t-il plus débile croyance ? Mais la vraie question qui se pose est comment et où trouvent-ils leurs adeptes ?…

Ô Allah ! Je T’avoue ma peine et ma douleur de voir mes semblables, ceux que Tu as créés d’un caillot de sang, et même qu’avant de leur insuffler de Ton Esprit, n’étaient que néant, atomes et poterie creuse, s’enfler en suffisance jusqu’à substituer Ta Puissance et, sans aucune pudeur, ils ne T’adorent qu’à leur guise et rien que pour quelques profits, mais dès qu’une épreuve les touche, ils font volte face et invoquent ce qui ne peut ni leur apporter bien-être ni leur nuire. Il y en a même parmi eux qui parlent à Ton sujet sans aucune science, ni guide, ni ne portent Ton Livre dans leur poitrine, et ils ne suivent que leur âme perverse.

Ô Allah, tout est fini ! La rivière des hommes s’est tarie… Désormais, c’est vers Toi que je fuis… Et c’est avec Toi que je partage mon inquiétude. Et c’est à Toi que j’avoue ma peine et ma douleur. Et c’est de Toi que j’attends l’écoute et la compassion…

Qu’ils dansent ou qu’ils tournent ; qu’ils sautillent ou qu’ils crient ; qu’ils s’habillent en bouffon du roi ou en kamis et rangers ; qu’ils mettent du khôl sur leurs yeux ou du siwak sur leurs bouches ; qu’ils se disent Mehdi attendu ou nouveaux prophètes ; qu’ils disent ce qu’ils disent, qu’ils fassent ce qu’ils fassent, ô Allah, Sois Témoin, je ne suivrai que Ta voie et celle de ton Messager Mohammed !… Car il n’y a de Dieu que Toi et Mohammed est ton adorateur et le sceau de Tes Messagers.

R.E.