La commune de Breira, dans la daïra de Beni Houa, à l’extrême nord-est de la wilaya de Chlef, a vu le jour lors du nouveau découpage administratif de 1984. La commune, comme l’a affirmé le président de l’assemblée populaire communale, M. Ahmed Bouchami, est sortie du néant dans la mesure où le terrain sur lequel sont bâtis les infrastructures actuellement opérationnelles appartenaient à des particuliers. Aucune assiette foncière ne relève du secteur étatique, d’où les énormes contraintes qui entravent tout nouveau projet socioéducatif et culturel.

La commune de Breira souffre le martyre, selon le premier responsable de l’exécutif communal. Pour les prestations de santé, Breira enregistre un manque flagrant tant le plan matériel que sur le plan de l’encadrement. Le seul dispensaire dont dispose la commune n’est pas en mesure de satisfaire la forte demande des citoyens. Toujours dans le domaine de la santé, la polyclinique, inaugurée en 2013, est toujours dans l’attente d’être mise en service. Le le manque de personnel d’encadrement en est la cause principale. En cause : l’éloignement de Breira du chef-lieu de wilaya. Les sages-femmes et les infirmiers-anesthésistes refusent d’effectuer un aussi long déplacement sur la région de Breira pour s’occuper de sa population féminine. Alors, les femmes enceintes sont dans l’obligation d’effectuer le déplacement sur Gouraya, voire Cherchell, Tipasa et Zéralda pour accoucher dans leurs hôpitaux et cliniques. Les carences constatées dans le secteur de la santé, ne sont pas le seul souci des habitants de la commune de Breira. Les infrastructures pour jeunes sont quasiment inexistantes. Hormis le stade municipal et les deux terrains de proximité qui ne suffisent pas à contenir le nombre impressionnant de jeunes pratiquants, il n’y a ni salle omnisport, ni piscine, ni une autre aire de jeux censée répondre aux besoins de la grande masse.

Le maire, M. Ahmed Bouchami rassure toutefois sur la situation qui, dit-il, ne cesse de s’améliorer au fil des ans. Il affirme que l’assemblée communale n’épargnera aucun effort pour améliorer la situation des jeunes.

Les citoyens se plaignent par ailleurs du manque flagrant d’eau potable, chose confirmée par le président de l’APC qui attribue ce problème au manque de ressources hydriques dans la commune. Mais il reste toutefois optimiste quant à l’avenir en ce qui concerne l’approvisionnement de la population de la commune en eau potable. Il nous apprend que l’APC a réussi à faire inscrire un projet grandiose d’amenée d’eau à partir du barrage de Kef Eddir qui est destinée principalement à l’irrigation, ou d’alimenter la commune à partir de la station de dessalement de Beni Houa.

Breira est une commune rurale. Seules les habitations de ce type sont autorisées. Le maire affirme à ce propos que le projet est bloqué depuis quatre ans au niveau du gouvernement, et dès que cette mesure sera levée, les citoyens auront bénéficié d’un projet dans la mesure du possible. M. Ahmed Bouchami parle aussi de l’aspect sécuritaire, il a expliqué que l’absence de brigade de gendarmerie est due au manque d’assiette foncière où la bâtir.

En réponse à une question portant sur les eaux qui stagnent sur la route principale et qui gênent la circulation, notamment pendant l’hiver, le président de l’APC fait savoir que des études ont été faites dans ce sens et que l’entreprise de réalisation a été déjà désignée pour entamer les travaux.

Ce qu’il y a lieu de noter, c’est cette facilité de communication entre le premier responsable de la commune et ses administrés. Les citoyens à Breira étalent leurs doléances au maire dans n’importe quel endroit de la ville. Et pas forcément dans son bureau.

Abdelkader Ham