Elle arrivait à dénouer des situations très délicates

Par Ali Dahoumane

Elle était née pour venir en aide à la veuve et l’orphelin, secourir les pauvres et les nécessiteux et faire triompher l’ordre et la justice car, dès son jeune âge, Mme Douba née Khalida Abrous se distingua en s’engageant dans les scouts musulmans algériens (SMA). C’était certainement à travers cette formation qu’elle reçut les premiers sacrements de l’apprentissage de l’ordre et de la discipline et surtout à être au service des autres.

C’était sûrement en fréquentant les scouts musulmans que l’esprit de solidarité et d’ouverture aux autres s’est peaufiné en elle et qu’elle a consolidé sa vocation à agir en faveur de la paix et d’éduquer les plus petits sur les questions qui touchent la société et l’environnement. C’était peut-être ce contact avec les scouts qui l’avait prédestinée à s’engager et à faire carrière dans la police alors qu’elle n’avait que 18 ans.

Très estimée et appréciée par la population, elle était sollicitée par les habitants là où elle passait. Grâce à sa longue expérience et à son extrême gentillesse, elle parvenait facilement à apaiser les tensions familiales qui existaient au sein des couples et ainsi éviter des déchirures traumatisantes pour les enfants. Par sa lucidité et sa clairvoyance, elle parvenait tout le temps à trouver une solution à un problème qui survenait entre deux voisins sans passer devant les instances judiciaires. Sa parfaite connaissance du terrain lui a permis à maintes reprises de résoudre des problèmes concernant les fugues de mineurs.

Parmi les nombreuses anecdotes que nous lui connaissons, l’une d’elles a attiré notre attention parce qu’elle est très marrante. Bien entendu, les indications spatio-temporelles ne sont pas signalées. Une fois, pour arrêter une bande de malfaiteurs, notre policière s’était déguisée en portant le hidjab et un voile pour dissimuler son visage. Elle était accompagnée d’un collègue qui se faisait passer pour son mari. Malheureusement et comme par coïncidence, ils ont rencontré le père de son collègue en cours de route. Le vieil homme a immédiatement couru vers son fils et l’a roué à coups de canne car il a pensé qu’il s’était marié sans aviser sa famille. Il a fallu l’intervention des autres policiers qui se trouvaient aux alentours pour arriver à neutraliser le père du policier et lui expliquer qu’il ne s’agissait que d’une mise en scène pour surprendre des malfaiteurs qui agissaient dans les parages.

Un livre en préparation

Une année après avoir pris sa retraite et quitté le corps de la sûreté comme chef de de la 6ème division de la sureté de Hay Bensouna, après 32 ans de bons et loyaux services, la sympathique Khalida passe la majeure partie de son temps dans des actions caritatives en faveur des personnes démunies de la population. Elle consacre également beaucoup de son temps envers ses enfants et ses parents qu’elle a délaissés un peu parce qu’elle était totalement absorbée par son métier qui ne lui donnait aucun répit. Grâce à sa simplicité, sa modestie et son amour pour le prochain, Khalida a su gagner la sympathie de tout le monde et continue à être sollicitée par la population pour régler des litiges entre des membres d’une même famille ou des voisins et parfois même entre des amis de longue date. Amoureuse de la lecture et comme elle a le sang policier qui coule dans ses veines, c’est en compagnie du célèbre narrateur Pierre Bellemare et de ses enquêtes impossibles qu’elle passe aussi une partie de son temps. Elle dévore sans cesse les livres qui racontent les énigmes policières et s’engouffre facilement dans le monde ténébreux des crimes non élucidés, des empreintes digitales, du mobile et de l’alibi, mots qui ont une très grande signification pour la policière qu’elle était.

Comme conseils à donner aux nouveaux policiers, elle leur demande simplement d’aimer ce métier et de croire en ce qu’ils font. Elle souhaite aussi que les postulants à ce noble métier arrivent à comprendre les gens et sachent les orienter. Elle espère que les nouveaux collègues soient proches de la population et sachent tendre la main à tout le monde. Après avoir pris sa retraite, notre enquêtrice n’a qu’un seul rêve à réaliser, écrire un livre pour parler du métier qu’elle a tant aimé mais également donner des conseils aux jeunes et leur éviter de sombrer dans la délinquance. Elle explique qu’il est facile de commencer à commettre des petits délits mais qu’il est très difficile de s’en sortir car sa grande expérience lui a appris beaucoup de cas concernant cet épineux sujet. Bon courage, Madame.

A. D.