«La lueur du jour, ASO club phare de la vallée du Chélif»

Une cérémonie, suivie d’une vente-dédicace, a été organisée ce samedi 16 septembre à partir de 14 h à l’hôtel La Vallée, au centre-ville de Chlef, à l’occasion de la parution de l’ouvrage de M. Boudjelthia Djazouli intitulé «La lueur du jour, ASO club phare de la vallée du Chélif».

Plus d’une centaine de personnes  ont assisté à cette cérémonie pour la présentation de ce nouveau-né du monde de la culture. On avait remarqué la présence d’anciens responsables du club et d’anciens joueurs. Il faut signaler la présence  honorable de l’Association «Ouled Houma» d’Alger présidée par l’ancien arbitre international Abderahmane Bergui qui, en fin de cérémonie, a récompensé l’ancien joueur de l’ASO, Abdelkader Fedhlaoui. Plusieurs autres responsables du football national et d’anciens joueurs ont été conviés à cette manifestation culturelle mais ont fait défection à cause, peut-être, de l’éloignement, tels que Khalef Mahiedine, Belloumi, Betrouni, Bencheikh et Selmi. Le grand absent à ce rendez-vous fut sans conteste l’actuel président de l’ASO, M. Abdelkrim Medouar.

Signalons aussi que l’évènement fut couvert par tous les médias accrédités à Chlef. La radio régionale de Chlef et les deux  chaines de télévisions privées, Ennahar et El Adjwae  étaient étaient de la partie.

La salle était archicomble et les présents  étaient attentifs à l’exposé fait par l’auteur de l’ouvrage suivi d’une présentation bien renseignée de M. Mohamed Tiab, à l’aide d’un data show.

Boudjelthia Djazouli, ancien haut cadre de l’État, natif de Medjadja, est né le 24 juin 1947. Ancien élève du lycée Es-Salem d’El Asnam qui choisit en 1967 une formation à l’école d’application économique et financière à Alger où il sort avec le grade d’inspecteur des impôts  -en 1970. Il fut dirigeant et président de l’ASO de 1971 à 1989, président de l’APC de Chlef de 1984 à 1989 puis successivement directeur des impôts à Blida et Alger de 1997 à 2006 date de sa nomination au poste de directeur des ressources humaines (DRH) à la direction des douanes algériennes. Après d’éminents services rendus à l’administration et à la société civile, il part en retraite sur sa demande en juin 2014.

Terre de prédilection de la pratique sportive

L’ouvrage, composé de 280 pages et douze chapitres, s’est intéressé à l’histoire, la culture, le sport, plus particulièrement le football dans la région du Chélif.

Après une préface soigneusement rédigée par Maitre Abdelkader Benegueouche, bâtonnier à Chlef et ancien président du club, l’auteur introduit son ouvrage en brossant un aperçu géographique de la région suivi d’un historique exhaustif avec l’énumération des différentes appellations adoptées par la ville depuis sa fondation, Castellum Tingitanium en passant par El Asnam puis Orléansville et enfin Chlef.

L’ouvrage de cet ancien cadre administratif et notable de la ville débute ainsi : «Depuis les temps les plus reculés, la plaine du Chélif fut une terre de prédilection pour la pratique sportive. Les habitants de cette contrée de l’Algérie centrale accordaient beaucoup d’importance à l’éducation physique et son développement. Ils disaient que «pour conserver à bien son homogénéité, il est nécessaire pour l’homme d’exceller dans les sports nautiques, équestres et d’escrime», comme recommandé par le prophète Mohamed (qlpssl).»

«Lors des deux guerres puniques d’Hannibal, la plaine du Chélif avait fourni d’importants contingents d’hommes aguerris pour prendre part à la guerre contre Rome. Les Maghraoua, les Ouled Kosseir, les Ouled Souid ou les Matmatas naissaient sur le dos des chevaux. En un mot, la Vallée du Chélif avait enfanté de véritables champions sportifs à travers les époques.»

Résister par tous les moyens

Dans le premier chapitre intitulé «La gestation, la prise de conscience et l’effervescence», l’auteur emploie tout son art de l’écriture pour présenter un exposé complet sur la résistance locale contre l’occupant français et le mouvement national algérien qui ont abouti au recouvrement de la dignité nationale en 1962. Il nota en substance en page 19 : « La plaine du Chélif qui s’étend de Djendel, dans la wilaya d’Aïn Defla, jusqu’à l’embouchure  de l’Oued Chélif  à Mostaganem et les régions de l’Ouarsenis au sud, du Dahra et Ténès au nord, ont connu les affres du colonialisme français. Les Bugeaud, Cavaignac, Changarnier, Pélissier et autre Saint-Arnaud ont été les artisans de cette sale besogne qui consistait en l’éradication pure et simple de l’autochtone algérien.»

«Les massacres, enfumades et razzias  orchestrés dans le Dahra, dans la plaine et dans l’Ouarsenis ne sont que l’illustration de leurs forfaits criminels.»

S’en suivirent les autres chapitres où il ne ménagea aucun effort pour être à la hauteur de la confiance placée en lui par son lectorat.

Abordant la création proprement dite du club qui lui consacra un chapitre en entier sous le titre : «Naissance d’un club musulman dans un milieu hostile 1947-1962, il raconta les circonstances de la création du club le 13 juin 1947 et les premiers dirigeants qui ont pris les destinées du club depuis sa naissance, tels que Zerrouki M’hamed, Benourane Mohamed et Slimani Ahmed.

Il débuta son chapitre par le paragraphe suivant : «Le projet de création officielle d’une équipe sportive musulmane à pris naissance dans les années 1940. Les initiateurs du projet en informèrent le premier responsable du parti UDMA, Ferhat Abbas, lors de ses déplacements à Orléansville ainsi que les leaders de l’Association des Oulémas, notamment cheikh Bachir El Ibrahimi qui venait régulièrement et passait la nuit chez Benrourane Mohamed, un nationaliste et notable de la ville qui résidait à la cité «Carméla». Outre ce dernier, il y avait aussi Cheikh Larbi Tebessi, autre figure emblématique des Oulémas, venu à Orléansville pour présider une cérémonie de fin d’année scolaire, organisée par la médersa Khaldounia, créée en 1943. Cheikh Moubarek El Mili est venu lui aussi inspecter le fonctionnement de la médersa. Il fut hébergé chez la famille Adidou à Carméla. Son passage à Orléansville n’est pas  passé inaperçu. Il fut interpelé le lendemain par les agents de la police locale.»

Une prise de conscience salutaire

À la fin de son ouvrage, dans le chapitre XII  intitulé «Le Déclin», M. Djazouli, en sa qualité d’ancien président du club et de grand mordu de l’ASO, frustré de ce qui s’est emparé du club durant ces dernières années où il continue à se débattre en ligue II professionnelle, dresse un constat des plus amères puis donne les moyens appropriés pour sauver le club de la léthargie où il se trouve : «Pour la troisième fois d’affilé (faisant allusion à la saison sportive 2017-2018, ndlr) l’ASO doit évoluer en ligue II professionnelle. Disons-le d’emblée, le club doit tout revoir pour son devenir. Un diagnostic s’impose. L’équipe doit faire le plein d’énergie en se basant sur une nouvelle stratégie pleine de pragmatisme, calculée sur des bases solides et réelles en alignant, pour la saison 2017-2018, une bande de joueurs déterminés à relever le défi et un encadrement technique adéquat pour donner au club Chélifien la place qu’il mérite dans le gotha du football national.

En attendant l’horizon 2017-2018, faisons nôtre cet adage qui dit «après l’orage et la pluie, il y aura du beau temps». Nous sommes persuadés voire convaincus qu’avec un peu de cran, une certaine volonté, une rigueur dans la gestion et une transparence totale, le tout appuyé d’un bon vouloir faire suivi de l’implication du conseil d’administration, des autorités locales et, sans oublier le 12ème homme, les fervents supporters, le Club cher à toute la plaine du Chélif retrouvera ses marques d’antan et fera sortir cette équipe de cette hégémonie, qui lui permettra de retrouver légitimement une place au soleil.»

«Les mots ne suffisent pas, il faudrait un plan d’action avec un objectif défini dans le temps et une charte, ne serait-ce que morale, avec les fans de l’ASO pour renouer avec cette confiance perdue et obtenir l’unité qui lui fait défaut. La lueur du jour ne s’assombrit jamais. L’aube de la renaissance  du club sera pour bientôt  inchallah.»

«L’ASO est un patrimoine sportif et même culturel qui appartient à tout le monde. Son histoire a été écrite en lettres d’or par des hommes qui se sont sacrifiés pour cette noble cause sportive, pour qu’elle soit gravée dans la mémoire collective. Tous ces biens acquis et obtenus doivent laisser des traces écrites. Faute de quoi, ils sont appelés à disparaitre, c’est la raison de notre présent travail. Nous terminons cette œuvre par cette belle citation du leader africain de l’ANC, Nelson Mandela : «Quant tu t’es battu si dur pour te remettre debout… ne retourne jamais vers ceux qui t’ont mis à terre !».

L’ouvrage avec un prix abordable de 850 DA est dans les étals des libraires de la ville de Chlef à partir de cette semaine.

Souhaitons bonne lecture à tout le monde et, à M. Djazouli, beaucoup de succès dans le monde de l’écriture.

Mohamed Tiab