De belles promesses en perspective

Samedi 16 courant s’est ouvert la saison culturelle 2017-2018 au niveau de la maison de culture de Chlef, en présence de beaucoup de figures que compte le monde artistique et culturel de la ville.

Le programme concocté pour cet événement a consisté en la représentation d’une pièce théâtrale du répertoire de la coopérative culturelle et artistique «Les amis de l’art» de la ville de Chlef, suivi d’un débat ayant pour thème «Le théâtre et ses perspectives». Une pièce adaptée en 2013 et qui reste très demandée par le public, surtout que le sujet traité est d’actualité, à savoir les élections.

La pièce tourne autour de l’élection du président d’une chambre agricole que brigue pour un deuxième mandat Si El Hani, un opportuniste ignorant et qui ne recule devant aucun moyen pour gagner les élections, surtout par le biais de son argent mal acquis, en utilisant un terme avilissant que disent malheureusement en vrai tous ces candidats de malheur qui se battent pour se faire élire par la «ch’kara» (le sac de jute rempli d’argent), un terme aussi ignoble qu’eux.

La pièce est traduite est algérianisée par M. Abdelkrim El Houari, essayiste, scénariste et cadre de la radio de Chlef sur une pièce initiale d’Eugène Labiche.

Mise en scène par le virtuose Missoum Laroussi et jouée par un quatrain d’acteurs formidables qui sont Abdelkader Horr, (Si El Hani), Karima Mokhtar, (Zbida la servante), El Hadi Salhi, (archéologue et ami de Si El Hani), Djamila Ben Ahmed, (la fille à Si El Hani) et Djamel Hamel (le vétérinaire ripoux).

Comme les algériens ont perdu les bonnes manières et surtout le savoir-vivre, ils étaient peu nombreux ceux qui se sont déplacés pour suivre le spectacle, et ce n’est pas spécifique à notre ville. Sur ma route, j’ai croisé pas mal de gens qui étaient là désœuvrés, oisifs et le regard hagard, je leur ai demandé d’aller assister gratuitement à cette œuvre magistrale, personne ne s’est donné la peine, même pas pour se renseigner. Comme des automates, ils hochent leurs épaules et dans les meilleurs cas ils disent : «Ah bon kayen el masreh fi Chlef ?» (Ah, bon, il y a le théâtre à Chlef ?)

Oui, nous avons une très bonne équipe qui fait du très bon théâtre et qui en plus engrange des prix au niveau national et international.

Comment intéresser le public ?

A la fin du spectacle, c’était au tour de l’intelligentsia d’intervenir à travers un débat très riche, animé par les gens de la culture en général et surtout par certaines personnes du métier qui ont fait le déplacement d’Alger et d’ailleurs pour assister à l’ouverture de cette saison culturelle auxquelles nous adressons nos vifs remerciements.

Les débats ont porté sur plus d’un sujet à savoir : La communication, les salles de spectacle, les horaires de représentation, le transport…

Après avoir entendu toutes les suggestions sur la meilleure façon de porter la communication auprès de la population, tous les avis convergeaient vers le moyen du «berrah» (le crieur public, ndlr), qui reste le seul à pouvoir intéresser et attirer l’attention du citoyen lambda.

Pour les salles de spectacle, ces dernières ont toutes ou presque été transformées en espaces de ventes de friperies par ces charognards de «smasry », aidés dans leur sale besogne par des responsables irresponsables, qu’on espère traduire un jour devant les tribunaux spécifiques dans le but de rétablir l’État et le peuple algériens dans leur droit.

Les horaires, comme nous n’avons plus de bon sens, on programme n’importe quoi, n’importe quand et n’importe où. Donc, il est impératif de choisir les heures des activités culturelles de façon à ce le spectateur puisse aller se divertir ou se cultiver sans que ça soit au dépend d’autres intérêts.

La ville de Chlef ayant connu un éclatement après le séisme de 1980, il en résulta un problème monstre, celui des transports urbains et suburbains. Et comme l’État a délaissé certains services publics qu’il doit nécessairement prendre en charge, tel le transport urbain, notre ville et ses environs vivent un vrai cauchemar après les heures de fermeture des bureaux et des administrations, qui n’aide pas les gens de se permettre de rester en ville au-delà de 17h 30 pour rallier leurs quartiers respectifs, donc il demandé aux autorités de remédier à ce manque flagrant.

Nous souhaitons que ladite saison gardera son haut niveau en attendant la venue des autres secteurs avec chacun son programme. Quant à notre Café Littéraire, il reprendra ses activités à partir de la semaine prochaine selon ses animateurs.

A l’occasion, nous saluons le Chef de daïra d’El Asnam qui, une fois n’est coutume, s’est déplacé et a agrémenté la cérémonie par sa présence et son intervention lors des débats.

Menouer El Aychouni