De jour en jour, le spectacle qui qu’offre nos villes à nos yeux redouble de laideur. En ce 21ème siècle, le cas est de plus en plus désolant et prête à ce que l’on s’y attarde quelque peu pour une réflexion afin de trouver une quelconque adéquate solution.

Nos cités sont appelées «villes» mais elles ne tiennent par aucun fil à la vraie signification de ce mot que l’on s’est habitué à dire alors qu’il ne porte pas réellement le sens qui lui sied. «C’est juste de l’encre sur papier», dit une expression arabe.

De fait, le classement d’Alger «la blanche» par rapport aux autres capitales devrait inciter à une prise de conscience : notre capitale est la sixième ville au monde où il fait le moins bon vivre ! Elle était mal notée sur ses infrastructures, sa propreté, ses transports et son approvisionnement en eau et en électricité ; elle est considérée comme sale et polluée d’après les résultats d’une enquête internationale. Que peut-on dire alors du reste des villes du pays pour qui Alger est censée servir d’exemple ?

Les immondices bordent les rues et le devant des immeubles, les sacs en plastique volent au vent, s’accrochent partout et donnent un air tragique aux espaces. Cela ne fait qu’accroître l’indifférence de certains face au problème de l’hygiène, on veut tous d’une ville propre et vivable, mais on ne fait rien pour la mériter. Il convient de dire que nous sommes tous complices du plus grand scandale sanitaire que le pays n’a jamais connu, plus d’un pensent que seuls les employés municipaux sont concernés. Que non ! Une main seule ne peut applaudir : à quoi servent les efforts qu’ils fournissent au quotidien si les citoyens ne leur viennent pas en aide afin qu’ils puissent accomplir leur tache à bon escient ?

La propreté est avant tout une culture acquise par le biais de l’éducation, il y a de quoi s’étonner lorsque la quasi-majorité des citoyens se barricadent dans leurs intérieurs aseptisés et ne se préoccupent pas de leur environnement. À quoi bon vivre dans des habitations propres et bien entretenues, si leurs extérieurs sont encombrés d’ordures ?

Il est plus qu’indispensable de rappeler que les espaces communs sont les nôtres au même titre que nos maisons. Les détritus, qu’ils soient à l’intérieur ou ailleurs, menacent notre santé et détériorent l’environnement, donc chacun doit se sentir concerné afin de gagner la bataille contre la saleté avant que l’on devienne la risée de tout le monde… si nous ne le sommes pas déjà et depuis belle lurette.

On a de cesse de réclamer et de se plaindre quant à la dégradation de nos rues. Mais une fois qu’elles sont réhabilitées par l’Etat, il en est à qui vient l’ingénieuse idée de creuser sur la voie pour régler un problème d’assainissement, d’autres de raccordement de gaz  ou d’eau. Le résultat : des fosses et des trous à l’infini. Et l’on revient aux anciennes habitudes qui ne semblent pas nous quitter d’une semelle.

La règle élémentaire veut que dès que l’on constate un vide, il faut savoir le combler, il faut apprendre à signaler l’erreur afin de la rectifier. Ce dont on parle est un enjeu sanitaire majeur sans lequel nous ne pouvons point faire le moindre pas vers l’avant.

Cela nous invite vivement à repenser nos actes qui déterminent fatalement notre avenir et celui de nos enfants en plus de l’image que l’on veut offrir de nous. Car, qu’on veuille ou pas, nos foyers tout comme nos rues, doit avoir le même reflet  sur le miroir.

Afin d’atteindre cet objectif, il y a des mesures qui doivent être prises. Parmi elles, la sensibilisation des jeunes apprenants au sein des établissements scolaires, de même que l’organisation des journées de sensibilisation au profit du commun des citoyens, sans perdre le rôle important que peuvent jouer certaines associations qui œuvrent de coutume pour le bien-être de tous en essayant de mettre fin à certains actes pouvant influencer la santé publique. Ces actions doivent être menées en tous lieux et en tous temps.

Il sied dans ce contexte de rappeler que l’on ne récolte que ce que l’on a semé. Après tout, si l’on a l’honnête envie que nos villes soient vivables au vrai sens du terme, il est plus que temps de se retrousser nos manches. À bon entendeur salut !

Nesrine Djillaliaiad