Son auteur a été surpris par l’accueil qui a été réservé à son roman

Abdelkader Guérine, écrivain très connu des milieux littéraires de Chlef, vient de publier dernièrement aux éditions Anep (Alger) un roman intitulé «Le bédouin d’Isabelle», un ouvrage que nous notre collaborateur et néanmoins écrivain Rachid Ezziane a présenté à nos lecteurs dans notre édition du 18 octobre dernier (Le Chélif n° 202).

Abdelkader Guérine ne pensait pas que son roman aurait un tel retentissement au salon international du livre d’Alger (Sila), il en était tellement surpris qu’il s’est confié à cœur ouvert avec notre collaborateur Abdelkrim El Houari, journaliste et animateur de plusieurs émissions culturelles à Radio Chlef.

Interrogé sur sa participation au Sila, M. Guérine a avoué d’emblée qu’il ne s’attendait pas à ce que son ouvrage, qu’il prétend modeste comparé aux œuvres littéraires des grands romanciers algériens, connaisse pareil destin auprès du public.

«J’ai été vraiment surpris par l’accueil qui m’ont réservé et mon éditeur, que je remercie au passage d’avoir publié ce roman, et les lecteurs, très nombreux à manifester un intérêt réel à mon livre», a-t-il indiqué, notant au passage que les visiteurs du Sila lui ont posé énormément de questions sur Isabelle Eberhart et l’identité de son «bédouin». «J’ai compris qu’à travers mon œuvre, les gens voulaient en savoir davantage sur la vie d’Isabelle Eberhart qui a vécu au sud algérien et qui a travaillé comme reporter pour certains journaux suisses qui s’intéressaient, à l’époque, au vécu quotidien des algériens», souligne M. Guérine.

Mais ce qui l’a impressionné le plus, c’est ce geste magnifique de certains de ses amis qui se sont déplacés de Chlef à Alger par leurs propre moyens pour assister à la vente dédicace organisée par son éditeur : « C’était une vraie surprise pour moi, je ne m’attendais pas à ce que des gens très simples fassent le déplacement, uniquement pour soutenir et encourager un enfant du bled, je les en remercie infiniment».

Abdelkader Guérine affirme que sa participation au Sila lui a fait découvrir de nouvelles perspective pour l’avenir : «J’ai eu le privilège de rencontrer de vrais professionnels du monde de livre, leur accueil a été des plus chaleureux et leur conseils m’ont été précieux, ce sont eux d’ailleurs qui m’ont orienté et conseillé pour une participation au grand prix de littérature Assia Djebar ; tous m’ont affirmé que mon roman a toutes les chances d’être primé».

Pour Abdelkader Grine, cette participation au Salon du livre d’Alger est en soi une consécration ; elle lui fait surtout oublier le mépris qu’il a ressenti dans sa propre ville. L’auteur n’a pas manqué de dénoncer le comportement et l’attitude «hypocrites» des gens qui se prétendent faire partie du monde de la culture, des lettres et des arts : «Je ne comprends pas ce qui passe à Chlef, que vous soyez écrivain, auteur, interprète ou homme de théâtre ou analphabète, c’est du pareil au même ». Autrement dit, être écrivain ne nourrit pas son homme dans une ville qui tend à perdre tous ses repères.

«Écrire ou ne pas écrire, vous aurez le même sort», affirme-t-il, ajoutant que le mépris des responsables et les prétendus gens de la culture est inquiétant à Chlef», conclut M. Guérine qui compte redoubler d’effort pour mettre à la disposition des lecteurs de nouvelles œuvres dont plusieurs sont déjà en chantier.

Rappelons que «Le Bédouin d’Isabelle» d’Abdelkader Guérine, édité par l’Anep, raconte, sous une forme romancée, l’histoire de la rencontre d’Isabelle Eberhart avec le « bédouin » qui deviendra son époux et qui n’est autre que l’officier spahi Slimane Henni, natif de Medjadja, fils d’un notable connu dans toute la région d’El Asnam.

A. El Houari