Dans leur majorité, les agglomérations de la wilaya de Chlef ont connu des transformations urbaines importantes. Heureuses pour les unes, malheureuses pour les autres, ces mutations se traduisent par l’extension du tissu urbain et la réalisation de structures diverses, dont des bâtiments officiels, à l’image des mairies, des sièges de daïras, de directions et sous-directions d’administrations publiques, d’institutions et d’agences étatiques. Cela sans compter les immeubles d’habitation qui essaiment les territoires de toutes les collectivités, les établissements scolaires, les centres de formation, etc.

Nous ne parlerons des autres infrastructures qui ont permis de faire sortir des régions entières des affres du sous-développement et de la marginalisation socioéconomique.  Autrement dit, depuis l’arrachement de l’indépendance, l’Etat n’a lésiné sur aucun moyen pour promouvoir les diverses régions du pays et, dans le cas de Chlef, l’effort a été considérable.

Cependant, toute cette dépense d’énergie et d’argent n’a pas amélioré l’image de marque des agglomérations de la wilaya. Au plan esthétique, les villes et villages se sont développées de manière anarchique, leur extension n’est pas maitrisée alors que leur foncier, si précieux, est dilapidé aux quatre vents.

Cela se ressent à l’entrée de chaque ville et village où la couleur dominante est le rouge-brique. L’entrée de Chlef, le chef-lieu de wilaya, renseigne sur l’incapacité chronique des élus et des responsables à rendre les villes accueillantes pour les visiteurs, attrayantes pour les investisseurs et agréables pour leurs habitants. De quelque côté que l’on y accède, l’image est repoussante, en particulier quand on vient du nord, par la route de Sidi Ameur. Là, le visiteur est d’emblée frappée par l’image rebutante  des lieux : constructions anarchiques empiétant sur les trottoirs, clôtures en matériaux hétéroclites, chaussée défoncée, végétation non entretenue. Une image qui montre à l’évidence que cela ne fait pas partie des préoccupations des responsables.

Les entrées Est et Ouest ne pas mieux loties malgré les travaux d’aménagement réalisées ces toutes dernières années.

Que dire d’Oued Fodda, Bouzghaia, Chettia, Ténès et les autres villes ? C’est pratiquement la même laideur qui s’offre au regard du visiteur. Il est vrai que certaines collectivités tentent tant bien que mal d’améliorer l’image de leurs cités, mais celles-ci se comptent sur le bout des doigts. Et ce ne sont pas forcément les communes les plus favorisées. Zebboudja, par exemple, est beaucoup plus avenante que nombre d’autres chefs-lieux de commune beaucoup plus anciens pourtant. Comme Ténès où, dès l’entrée, l’on voit s’entasser des ordures en contrebas de la vieille casbah.

Et pourtant, il suffit de peu pour rendre plus gaie l’entrée de nos villes. Cela n’exige pas de gros moyens, ni de gros travaux. Quelques platebandes plantées de fleurs, des murettes en pierre de taille, des ronds-points entretenus, des arbres et, pourquoi pas, quelques panneaux publicitaires pourraient donner plus de couleurs aux ternes cités de la wilaya. Avis aux amateurs.

Ab. Kader