Le jeune Amine Belhassane est une véritable vedette à Talassa et ses environs. Ce jeune homme ne cesse en effet d’éblouir ses concitoyens par les dessins et fresques gigantesques qu’il exécute sur les murs des immeubles de la petite ville. Ses œuvres que se transmettent les internautes sont d’ailleurs très répandues sur les réseaux sociaux.

Amine est né le 19 juin 1996, dans une famille modeste de Talassa. Très jeune, il s’intéressa au dessin. Son talent est tel que tous les commerçants et propriétaires de boutiques lui ont fait appel, sinon pour décorer les façades, du moins pour calligraphier le nom du magasin. Pour ce faire, le jeune artiste n’utilise qu’un bout de craie et un pinceau. Sa dextérité est telle qu’il peut reproduire les illustrations les plus complexes.

Sa première œuvre graphique a été sans conteste la fresque dédiée au combat des Palestiniens pour le recouvrement de leurs droits et de leur terre, spolié par l’occupant sioniste. Ce dessin a été exécuté à même la façade d’un immeuble et cela, avec l’assentiment et l’appui de la population locale. Ce projet a été achevé en moins d’une semaine. Une prouesse qu’il a par la suite renouvelée en réalisant des fresques sur les façades de quelques établissements scolaires à la demande de leurs directions. La dernière œuvre vient d’être achevée, il s’agit de la reproduction fidèle du sanctuaire du martyr d’Alger sur la façade du collège d’enseignement moyen “Chahid Aïssa Zengli”. Bien plus, le monument est entouré du portrait géant de deux figures emblématiques du mouvement de résistance à l’occupation coloniale : l’Emir Abdelkader, fondateur de l’Etat algérien moderne, et Cheikh Adelhamid Benbadis, rénovateur du mouvement religieux dans les années 1930.

Bien qu’il soit soutenu par les habitants et le maire de Talassa, Amine ne dispose cependant pas de moyens suffisants à même de lui permettre d’exercer pleinement sa passion. Et, surtout, de se prendre en charge sur le plan professionnel. Amine souhaite créer une petite entreprise de décoration et obtenir des commandes auprès des entreprises et institutions de la région. Un vœu qui lui permettra d’échapper, sans aucun doute, à l’oisiveté et à la tentation, très prégnante, de rejoindre l’autre rive de la Méditerranée.

Djamel Remali