Développement des activités agricoles à Ouled Ben Abdelkader

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Quand la bureaucratie freine les ambitions

Parmi les idées reçues, celle que les jeunes refusent de travailler, surtout quand il s’agit de s’investir dans les métiers de l’agriculture. Cela, dit-on, explique les difficultés qu’on les agriculteurs à recruter du personnel. D’où la certitude que la main-d’œuvre a complètement déserté le monde rural.

 

Dans le même temps, beaucoup de gens bien-pensants montrent les jeunes d’un doigt accusateur en les traitant de fainéants, flemmards et paresseux. Or, la vérité est tout autre, car cette frange de la société est bel et bien active et laborieuse. Cela se vérifie dans tous les domaines. Il suffit que le jeune soit orienté et encouragé. Ou, à tout le moins, qu’on lui facilite les démarches administratives  quand il souhaite se lancer dans une quelconque activité productive. Hélas, personne ne veut entendre les jeunes de cette oreille.

L’exemple qui nous vient de la commune d’Ouled Ben Abdelkader, région agricole par excellence, illustre on ne peut mieux cet état d’esprit. Le jeune Omar Benyamina subit toutes sortes de contraintes bureaucratiques pour obtenir l’autorisation de construire un hangar. Plutôt un poulailler où il compte développer un élevage de plusieurs milliers de poulets de chair. Le jeune homme remplit toutes les conditions pour ce faire. Tout d’abord, le terrain sur lequel il a jeté son dévolu est détenu légalement par sa famille qui possède quelque 17ha dans la région. De surcroît, il est éloigné de toute habitation et activité humaine.

Travaillant la terre avec des membres de sa famille, il s’occupe actuellement un petit poulailler du côté du pont dit «El Guentra Zarga», à la sortie sud de la commune, en contrebas de la route menant à Ammi Moussa. Le jeune Omar que nous avons rencontré sur les lieux exploite également quelques parcelles plantées de céréales, de fèves et de quelques arbres fruitiers. Il dispose aussi de quelques ruches.

 

Des atouts agricoles confirmés

Son souhait, c’est de s’investir totalement dans l’aviculture. Pour son bon rapport, dit-il. Il a monté un hangar sur un terrain agricole appartenant à son père. Mais les lieux ne conviennent pas à l’activité. Ces dernières semaines, il a perdu plus de 1200 poulets sur les 3 000 qu’il élève à cause d’une maladie aviaire.

Le jeune éleveur avicole lance un appel aux autorités de la commune d’Ouled Ben Abdelkader, tous services confondus, leur demandant de lui accorder «simplement» une autorisation afin qu’il puisse bâtir un hangar digne de nom. Le jeune assure qu’il pourrait employer à temps plein deux à trois travailleurs de la région si jamais il reçoit l’autorisation de construire son hangar.

Omar Benyamina compte parmi les centaines de jeunes à Ouled Ben Abdelkader qui activent dans le domaine de l’élevage avicole, apicole, ovin et bovin. Ils sont en majorité propriétaires de leurs terres. La commune d’Ouled Ben Abdelkader, faut-il le souligner, se caractérise par ses terres fertiles irriguées à partir de l’oued Sly de provenance du barrage Sidi Yagoub. Ces atouts et d’autres facteurs encourageants comme le climat de la région, très favorable, poussent la frange juvénile à opter pour le travail de la terre. Il n’est de secret pour personne que la région est leader dans la production de la tomate industrielle. La zone s’étendant le long de la rivière est exploitée par plusieurs agriculteurs usufruitiers de terres domaniales concédées par l’Etat.

 

Agriculteurs de père en fils

La région d’Ouled Ben Abdelkader est riche par ses terres agricoles, ce qui fait qu’elle ait été convoitée dès le début de l’occupation coloniale par les fermiers européens. On parlait à l’époque de grands fellahs algériens qui concurrençaient les colons, à l’image de Beghoual, son cousin Lemouchi, Djilali Berkane, Merouchi et j’en passe. Ces derniers ont laissé une tradition que des générations de jeunes respectent à ce jour.

Il est un fait reconnu ici : tout le monde à Ouled Ben Abdelkader préfère le travail de la terre pour des raisons objectives. D’ailleurs, c’est la seule activité possible du fait que la région accuse un manque flagrant en matière d’unités industrielles. Etant donné que la majorité de la population de ce village travaillait dans le domaine agricole, les générations montantes ne veulent pas déroger à la règle, et chacun a pris le relais après que son père ou son grand-père s’en est retiré.

L’opportunité a donné naissance à d’autres activités que l’agriculture. Menouar Bouiekni, un jeune cultivateur travaille aussi dans le domaine de l’élevage bovin et ovin, il satisfait la région en matière de lait et de viande. Il en est de même pour Mohamed Medjahed, Benyamina, Yahia sans compter d’autres jeunes éleveurs de différents âges. Lors des occasions religieuses, ces jeunes fellahs exposent leurs marchandises sur les sites des réseaux sociaux. L’opération a réussi à tel point que l’année passée, des milliers de gens sont venus chercher ces éleveurs pour acquérir le mouton de l’aïd. Malgré tous ces efforts déployés par les jeunes agriculteurs, aucune des grandes personnes de l’administration ne veut leur venir en aide. Selon des propos recueillis çà et là, tous les acteurs souffrent des contraintes administratives. Que l’administration cesse de continuer de tourner le dos à leurs doléances !

Abdelkader Ham