L’accession, ce rêve tant attendu par l’ASO

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Par M’hamed Abaci

C’est officiel : cette saison encore, le rêve tant attendu ne s’est pas concrétisé. L’ASO Chlef n’a pas su tirer la bonne carte après trois saisons de présence en ligue II et a donc raté son accession en ligue I à l’issue du baisser de rideau du championnat professionnel.

Mathématiquement, l’ASO Chlef était bien placée pour figurer parmi le trio du podium. Tout restait  possible pour le troisième ticket cette saison mais, selon les observateurs sportifs, le club s’est pris en retard pour reprendre du poil de la bête et se mettre à l’abri d’une mauvaise surprise.

En plus, les échecs amers enregistrés par l’ASO qui a multiplié les faux pas à domicile (matchs nuls et matchs perdus) et le fait qu’elle ait été éliminée en coupe d’Algérie par un petit club de (sa) banlieue qui n’est autre MC Oued Sly, n’augurent rien de bon pour la suite. Pire, ils risquent de peser lourdement sur l’avenir du club et l’obliger encore à patauger en ligue II professionnelle.

Vraiment, on aurait pu éviter ces innombrables ratages d’accessions en dépit des éléments énumérés, si on s’était pris à temps.

Des ratages qui se payent cher quand bien même le président Medouar s’est-il évertué à mettre les moyens nécessaires à la disposition de l’équipe pour l’accession.

Les résultats montrent que l’équipe a récolté 46 points avec un écart de 14 points sur le leader (MOB) avec 11 matchs gagnés, 13 matchs nuls, 30 buts marqués et 22 buts encaissés, un résultat très moyen pour une équipe qui prétend à l’accession.

Du côté des dirigeants, on se souviendra de l’argument présenté par M. Medouar juste après la rétrogradation du club. Dans un communiqué publié sur un quotidien national le 2 juin 2015,  le président, qui est à la tête du club depuis 1997, avait appelé à l’union autour de l’équipe : «Le club a besoin de sérénité, de stabilité et de la mobilisation de tous en ces moments difficiles, et ce n’est qu’à ces conditions qu’il pourra retrouver vite sa place en ligue I». Il  avait promis en outre de renforcer l’administration par des «gens compétents», la désignation d’un manager général, et la révision de beaucoup de choses, dont la composante du staff technique et médical.

«Le club, meurtri par la relégation, est au-devant de l’actualité sportive locale pour son bilan sportif  peu positif et peu riche ces dernières saisons puisque les lions du Chlef n’accèdent pas en ligue I et  ont tout perdu en ligue I»

Dans l’optique du renouveau, l’ASO, détenteur d’une coupe d’Algérie et du premier championnat professionnel de  ligue I professionnelle devrait requérir l’attention de tous les Chélifiens lesquels se doivent d’être derrière «les rouge et blanc» pour assurer l’avenir du club et ce, en étant au dessus de tous les remous qui secouent le club depuis sa rétrogradation. En effet, Il faut bien en parler, car au-delà des raisons et des arguments avancés par les uns et les autres, l’ASO n’arrive plus à confirmer son statut de grand club prestigieux de l’histoire du football national.

Le club, meurtri par la relégation, est au-devant de l’actualité sportive locale pour son bilan sportif  peu positif et peu riche ces dernières saisons puisque les lions du Chlef n’accèdent pas en ligue I et  ont tout perdu en ligue II. Le constat est le même pour les catégories jeunes. Par ailleurs, bien qu’on ait décidé de jouer la carte de la motivation financière et un recrutement massif de joueurs alors que le club vivait des contraintes financières terribles, atténuées il est vrai par l’apport salutaire des autorités locales, l’équipe ne gagnait  pas plus qu’une place honorable terminant 5è au classement général.

Si les Chélifiens sont aujourd’hui déçus de voir leur club rater l’accession pour la troisième saison de suite, ils espèrent néanmoins une issue heureuse la saison prochaine. Cela ne fera que donner de l’entrain à la galerie chélifienne et à son groupe musical fétiche «ASO djawarih chelfawa» sous la direction du célèbre trompettiste Bouzidi Hamouda et de  son comité de supporters sous la direction de Karim Aouak. Ne dit-on pas qu’ils sont d’un immense apport  au club ? N’affirme-t-on pas qu’ils comptent à  50% dans les succès ou les échecs du club.

Il y a quatre ans, des observateurs avaient tiré la sonnette d’alarme afin de mettre fin à la série de contre-performances, ce qui s’est payé cette saison encore une fois par le maintien en ligue II.  L’accession tant attendue et sur laquelle les supporters et les chélifiens en général nourrissaient beaucoup d’espoir pour honorer les couleurs de la ville des oranges cette saison n’a pas été concrétisé. Et ce ne sera pas facile de retrouver la  ligue I la saison prochaine si l’on ne prend pas la situation au sérieux. C’est-à-dire, qu’il faut bien faire le diagnostic afin de ne plus revivre le calvaire des saisons écoulées.

L’autre point obligatoire concerne l’assise juridique et les statuts du club, l’ASO doit s’adapter aux  défis du professionnalisme qui n’est pas un choix mais une exigence car nous n’avons pas de joueurs professionnels. Il faut savoir qu’un club sportif professionnel se gère, se développe et se contrôle au même titre qu’une entreprise économique.

Dans ce contexte, il est bien évident que les critiques se multiplient, les changements d’attitudes apparaissent, la méfiance prend le pas sur la confiance. Ce sont des phénomènes classiques qui affectent une équipe en difficulté et c’est normal dans la mesure où le sport est une activité publique touchant 70% de jeunes et  qui est amenée à être vue, jugée et critiquée.

Oui, la critique fait partie du spectacle sportif, un match de football ne s’arrête pas au coup de sifflet final ou au baisser de rideau du championnat, mais il se continue avec le commentaire avec les avis.

C’est le chantier sur lequel devraient peut-être s’atteler les dirigeants du club étant donné que le déclic tant souhaité pour l’accession n’a pas eu lieu dont rêve tout supporter commence à inquiéter  tous les Chélifiens en particulier et risque d’affecter le moral des dirigeants du club cher à son président Abdelkrim Medouar, en particulier.

Il est clair que cet énième ratage menace sérieusement le club  et vient rappeler encore une fois, l’absence d’une politique de formation et de stratégie à moyen et long terme dans le club. Ce qui permet d’aborder la saison sportive prochaine sur de bonnes performances pour l’accession en ligue I.

«A ce propos, les autorités locales, à leur tête le wali, n’ont jamais lésiné sur les moyens pour venir en aide au club. Elles ont de tout temps été proches des dirigeants du club, leur octroyant des apports financiers sous forme de subventions pour les encourager à réaliser les objectifs fixés, notamment assurer l’accession en ligue I et se qualifier pour la finale de la coupe d’Algérie»

 

Il y a plusieurs facteurs qui jouent en défaveur du club tels que les mauvais choix dans le recrutement de joueurs, la libération des jeunes-espoirs de talents, les carences et l’irresponsabilité des entraîneurs sur le terrain et, surtout, la pression terrible des supporters qui exigent que leur équipe retrouve l’élite dès la saison prochaine. Certains d’entre eux enfoncent le clou en affirmant que l’équipe risque de connaître encore des problèmes si elle se maintient en ligue II.

Les entraineurs passés par le club n’ont pas réussi à intégrer des joueurs espoirs issus du championnat des catégories jeunes alors que ces derniers ont remportés plusieurs fois des titres et coupes d’Algérie. Et dire que tout le monde s’entend sur le fait que la formation constitue la colonne vertébrale et le meilleur investissement pour le club. A l’évidence, c’est bien l’effectif qui fait le succès d’un entraîneur, comme aussi l’encadrement.

Il faut donc penser à tout cela avant l’entame de la nouvelle saison 2018-2019 car il devient impératif pour ce club phare de la capitale de la vallée du Chélif de faire appel aux compétences locales autour, afin de mettre en place une vraie équipe dirigeante qui possède les compétences managériales en gestion financière, en management et en sports. D’où, aussi, la nécessité de faire appel à des personnalités de la ville qui ont écrit l’histoire de ce grand  club durant la révolution et après l’indépendance pour reprendre en de bonnes main le prestigieux club au passé glorieux.

A ce propos, les autorités locales, à leur tête le wali, n’ont jamais lésiné sur les moyens pour venir en aide au club. Elles ont de tout temps été proches des dirigeants du club, leur octroyant des apports financiers sous forme de subventions pour les encourager à réaliser les objectifs fixés, notamment assurer l’accession en ligue I et se qualifier pour la finale de la coupe d’Algérie.

L’argent est un moyen de création de valeurs ajoutées et non une fin en soi. Mais en l’absence de management collégial et participatif où, notamment, les actionnaires et le conseil d’administration n’ont pas été au mieux de leurs prérogatives. L’on sait pourtant que ce dernier organe de gestion  dispose d’une large responsabilisation dans la conduite des affaires du club et, par conséquent, le pouvoir d’apprécier le travail des dirigeants en termes d’objectifs, de résultats, de performances et de développement.

Et rendez-vous la saison prochaine.

M.A.