L’ours russe et le cowboy américain

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Par Khaled Ali Elouahed 

 

 

 

«C’est une très grande partie d’échec que celle engagée par le président américain. Comme c’est lui le chef du monde, il ne joue pas aux échecs avec un seul concurrent, mais engage plusieurs parties à la fois avec des joueurs qu’il juge minoritaires. N’est-il pas le grand maitre ?» 

L’autre semaine, s’est tenu à Helsinki une rencontre entre le cowboy américain qui tire sur tout ce qui bouge et même ce qui ne bouge pas. Trump a parcouru le monde en menaçant alliés et adversaires. Mercantiliste né et cowboy attitré, il tire d’abord puis pose les questions ensuite ou, plus précisément, il pose ses conditions. Rappelez-vous le western dans lequel le héros à qui on posait la question «Qui es-tu ?» répondait toujours par le biais de son pistolet d’abord pour dire ensuite : «Mon nom est Personne !». Trump a menacé le monde. On ne l’a pas cru quand il disait «Tous ceux que nous protégeons doivent payer». Pour montrer qu’il ne plaisante pas, Il fait une tournée au Moyen-Orient. Résultat de cette virée : plus de 500 milliards de dollars récoltés. Et ce n’est pas fini. Il déclare : «Certains régimes ne tiendraient pas quinze jours sans nous. Il faut payer.»

Il se retire du nucléaire iranien, mais là il rencontre un os. Un os très dur, celui là. Ce n’est ni les wahhabites de pacotille ni les apprentis colonialistes émiratis. Trump serre la vise : «Zéro exportations de pétrole iranien». Le Perse répond : «On exporte tous ou rien du tout, je ferme le détroit d’Hormuz.»

Il s’attaque à la Coré du nord. Le jeune Kim Il Jong qu’on disait sans expérience allait être bouffé par le géant Trump et son Pipo, Le secrétaire d’Etat. Ici, Kim a tout gagné et, comme disent les occidentaux, il est devenu fréquentable du jour au lendemain alors que le Pipo siffle (je crois que c’est plutôt Pompéo), je ne sais plus. C’est peut-être le syndrome d’El Djakh, le poète égyptien du visa arabe, vous vous rappelez ? Il a fait un tabac. Bon le Bombéo (il gonfle toujours le tors) ou Pipo dit : «Nous voulons un désarmement nucléaire à la libyenne !» Réponse dans l’entourage de Kim :                                               «On va peut-être se retirer !».

C’est une très grande partie d’échec que celle engagée par le président américain. Comme c’est lui le chef du monde, il ne joue pas aux échecs avec un seul concurrent, mais engage plusieurs parties à la fois avec des joueurs qu’il juge minoritaires. N’est-il pas le grand maitre ? Dans le groupe du G8 qui est devenu G7 parce que la Russie a été exclue pour l’affaire de la Crimée, si vous vous rappelez, qu’à cela ne tienne, Trump demande la réadmission de la Russie dans le G8, puis ordonne à tous les européens de payer, et qu’il allait les taxer à hauteur de 25% sur leurs exportations vers les USA. Avant d’arriver en Grande Bretagne, il malmène Theresa May et sa politique. Il lui conseille de marcher comme ci et comme ça. Il ne restait plus qu’à lui ordonner de porter tel ou tel habit, peut-être même un hidjab ! Enfin, il arrive à Helsinki où il doit rencontrer en terrain neutre l’ours russe pour une grande empoignade. Cela me rappelle le combat de boxe entre Mohamed Ali et George Foreman à Kinshasa, au Zaïre de Mobutu ! Cette fois-ci, Trump est venu dompter l’ours russe dans une grande partie d’échecs. Ici, il s’est préparé pour jouer en tête-à-tête. L’ours polaire, je veux dire l’ours russe, ou Vladimir Poutine, est prêt. Il a même prit un verre de vodka avant de commencer la partie et comme un grand seigneur, je veux dire un grand ours, il laisse les blancs pour le cowboy américain. La partie fut engagée devant des milliards de spectateurs du monde entier.

Résultat de la partie. L’ours ruse, je veux dire russe, n’a cédé aucune pièce, pas même un pion ! Le champion américain a tout perdu. Hé oui, il n’était pas noir. Ce n’est ni un Mohamed Ali, ni un Jessie Owen. C’était pénible à voir, ce qui a fait dire à l’ex-gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger : «M. le président, il ne vous manquait plus qu’à demander à Vladimir Poutine de vous signer un autographe !»

Le problème des interventions de la Russie dans les présidentielles américaines ? Poutine répondra ceci : «L’Etat russe ne s’ingère jamais dans ces affaires». Vous avez compris ? L’Etat russe non, mais les hackers russes sont parmi les meilleurs au monde, sinon les meilleurs. CQFD (Ce Qu’il Fallait Démontrer). Poutine s’est déjà exercé sur Sarkozy, David Cameron et surtout son prédécesseur, mais il tient en grand respect Mme Angéla Merkel qui le lui rend bien. Le pipe de gaz va même les relier comme un cordon ombilical. Vladimir Poutine n’a pas cédé d’un iota, c’est le cas de le dire. Trump voulait que le sommet s’oriente vers l’économique. Poutine a orienté les discussions sur l’aspect politique. Pourquoi ? Sur le volet économique, la valeur éco des USA est 12 fois supérieure à celle de la fédération de Russie. En politique, Poutine a tous les atouts en main : en Syrie, il ne laisse plus personne jouer, il menace même de laisser les iraniens et le Hezbollah s’attaquer à la coqueluche des US, Israël. Trump voulait s’accaparer du leadership mondial. Poutine voulait le retour à la bipolarité. Le stratège du Kremlin a gagné quand Trump a dit que «les deux pays disposent à eux seuls de 90% des armes nucléaires du monde». Pour lire entre les lignes, il voulait le match nul. Non, rien, walou, niet !

Note : A l’ intention des gens des partis politiques bien de chez nous, essayez d’être  des hommes comme les hommes qui ont libéré ce pays du joug colonial !

Post Scriptum : Comme toujours, ce que nous avançons est juste. Si vous voulez des preuves, nous vous les fournissons à travers Youtube, des vidéos qui corroborent ce que nous avançons.

Première vidéo : c’est entre Vladimir Poutine et un grand diplomate turc. Ce dernier discutait avec Merkel. Devant lui, un siège où Poutine allait s’assoir en donnant le dos au couple. Le diplomate retire le siège. Poutine allait se retrouver les quatre fers en l’air. Qu’à cela ne tienne ! Vladimir est un grand sportif, se ressaisit au vol, il est debout, réajuste sa cravate et s’en sort comme un grand, comme si de rien n’était. C’est l’acte 1.

Acte 2 : c’est lors d’un sommet à trois. La Russie, la Turquie et l’Iran. Vladimir Poutine entre pour saluer ses deux alliés en Syrie. Il commence par Rohani et avance vers Erdogan qui était assis et se relève pour serrer la main de Poutine et allait se rassoir. A cet instant précis, Poutine retire de la main gauche le siège d’Erdogan. Lecture : tu restes debout avant que je ne m’assois en qualité de président de la réunion !

Acte 3 : Toujours sur vidéo Youtube. Vladimir Poutine reçoit Angela Merkel. Lors des discussions, Vladimir Poutine fait lâcher son chien, un gros chien noir qui avait pour mission de roder autour et rien d’autre. Mme Merkel n’avait plus de yeux que pour ce gros et beau chien noir. Lors de cette réunion, Poutine a obtenu tout ce qu’il voulait de l’Allemagne. Pourquoi ? Les services de renseignements de Poutine lui avaient rapporté que Mme Merkel avait été mordu par un chien dans son enfance et que, depuis, elle a horreur et une peur bleue des chiens.

Remarque : Dans tous les pays qui se respectent, les gouvernants ne travaillent que pour l’intérêt suprême du pays et font des recherches très poussées sur chaque responsable qui rend visite au pays ou avec qui il vont négocier.

Conclusion : Ce n’est pas une affaire de matériel, ce n’est pas une affaire d’économie, ce n’est pas une affaire de gros sous, c’est une affaire d’hommes avec un grand H. «El kadhya kadhyat ridjal wa syassatna wad’ha.» (L’affaire est une affaire d’hommes et notre politique est claire), dixit Houari Boumediene.

Dernière minute : Le président US, Donald Trump, a tellement été humilié par la presse à travers le monde qu’il demande une revanche à Poutine. Il précise qu’il ne veut plus jouer sur un terrain neutre. Non, il veut jouer at home, à la Maison blanche, s’il vous plait. Je ne sais pas pourquoi les Amerloques sont toujours comme ça. Ils sont comme l’huile au dessus de l’eau ou rien. Exemple, rappelez-vous la confrontation entre l’érudit sud africain Ahmed Didet et le révérend américain Jimmy Swaggart, spécialiste des médias. Quand ce dernier a été vaincu à plate couture par Didet, les tenants du pouvoir et hommes d’église se sont entendus pour dire que Jimmy Swaggart était un malade mental. Alors, pourquoi l’avoir laissé représenter l’église à travers le monde ?

Revenant à notre affaire. L’ours russe  accordera t-il une revanche à Trump? Si oui, elle va trainer et Poutine posera des conditions plus draconiennes. Ils feront semblant pour laisser le cowboy sauver la face et rien de plus mais sous la table, Poutine engrangera d’autres bénefs, soyez en sûrs. Le cowboy est aux abois.

K. A. E.