Par Khaled Ali El Ouahed

Actuellement l’agriculture ne représente que 10 % dans la production du produit intérieur brut (PIB). La main d’œuvre ? Elle n’emploie que 11 % de la population active. L’industrie qui arrive à produire 47 % du PIB emploie plutôt 26 % de des travailleurs. Le secteur tertiaire produit 43 % du PIB et emploie jusqu’à 63 % des actifs. L’Algérie se trouve au 9ème rang des producteurs de gaz et le 18ème  dans celui des producteurs de pétrole dans et hors OPEP. En ce qui concerne les réserves, nous sommes 10è pour les gaz et 16è pour le pétrole.

Le gaz de schiste ? Avec ses 20 000 milliards de m3, l’Algérie détient le 3ème rang après la Chine avec ses 32 000 mds de m3 et l’Argentine pour ses 23 000 mds de m3. Mais l’avenir de Chlef et de l’Algérie passe par le solaire.

 

L’eau ou le gaz de schiste, que choisir ? Un choix cornélien. L’Algérie se trouve actuellement dans un carrefour d’avenirs. Le choix de la voie à suivre est difficile voire très difficile. Voyons ensemble la carte de l’Algérie. Il y a le nord, les hautes plaines (appelées à tort les Hauts plateaux) et le grand sud ou le Sahara. Ce dernier occupe les 5/6ème de la surface du pays. 80% de la population qui a atteint 42 millions d’habitants occupent la bande du littoral avec. Le grand tapage médiatique sur la politique d’occupation des hautes plaines n’a pas été suivi d’effet. On n’invite pas les gens d’aller habiter ces régions comme cela de bon cœur. On crée les conditions idoines pour ce faire. Qu’est ce qui fait courir les gens vers les grandes villes telles qu’Alger, Oran, Sétif, Annaba ou Hassi Messaoud ? Le travail ! Au lieu de créer de nouvelles villes à El Afroun, Bouinan, Sidi Abdallah etc., il fallait les créer sur les hautes plaines avec des unités industrielles publiques et privées, juste à côté. C’est seulement à ce prix que les gens iront habiter les «hauts plateaux» au lieu de bétonner les plaines de la Mitidja, du haut et du bas Chélif, de la Mékerra et j’en passe. Cela pour la répartition de la population.

Quant à l’aspect économique qui y est lié, voyons plutôt les grands axes de ce facteur.

L’Algérie est un pays à vocation agricole. Je dirais plutôt que c’était un pays agricole. Voyez les milliards de dollars que nous dépensons rien que pour l’importation de notre nourriture. Actuellement, l’agriculture ne représente que 10 % dans la production du produit intérieur brut (PIB). La main d’œuvre ? Elle n’emploie que 11 % de la population active. L’industrie qui arrive à produire 47 % du PIB emploie plutôt 26 % de des travailleurs. Le secteur tertiaire produit 43 % du PIB et emploie jusqu’à 63 % des actifs. La richesse de l’Algérie réside donc dans son sous sol avec les phosphates à l’est, du côté des frontières avec la Tunisie, le fer et le charbon à l’ouest, le long de la frontière avec le Maroc. Au sud, le Hoggar regorge de minerais d’or, de diamant, d’uranium, d’étain, de zinc, de plomb et de charbon. Le gros des richesses minières se trouve du côté de Hassi Messaoud et de Hassi R’mel. Vous avez compris. Je veux parler du pétrole et du gaz. Si l’on regarde le classement mondial, l’Algérie se trouve au 9è rang des producteurs de gaz et le 18è  dans celui des producteurs de pétrole dans et hors OPEP. En ce qui concerne les réserves, nous sommes 10è pour les gaz et 16è pour le pétrole.

Voyons les exportations, c’est-à-dire les recettes en devises étrangères. 95,5% de nos exportations sont des hydrocarbures. La zone de prédilection de nos exportations est l’Europe où le vieux continent reçoit 34% de notre pétrole et 60% de gaz grâce aux deux pipelines qui nous relient à l’Italie, d’une part, et l’Espagne, d’autre part. Voyons ensemble ce que rapportent nos exportations. Pour cela il faut jeter un œil sur les prix. En 2014, le baril de pétrole coûtait 112 $. En 2015, le prix a chuté jusqu’à 45 $. C’est ce qui a provoqué notre crise financière. Impossible de couvrir le budget surtout quand on sait que l’Algérie a concocté un programme d’investissement ambitieux. Nous découvrons que notre économie n’est pas solide. Aujourd’hui, le baril dépasse les 74$. Une grande partie de cette chute est due à la baisse de la demande européenne et au ralentissement de l’économie chinoise. Que faire ? Nous avons puisé dans la cagnotte, c’est-à-dire le fonds de régulation des importations qui était de 179 milliards de $ en décembre 2014 et qui a chuté en juin 2015 jusqu’à 160 rien que pour cette période. Les grands économistes algériens et ceux du FMI pensent à juste titre d’ailleurs que l’Algérie a quelques petites années (4 ans ?) devant elle pour restructurer son économie, orienter et diversifier ses investissements sous peine de retomber dans l’abime des  années 1990 et les griffes du FMI.

Le gaz de schiste. Certains économistes algériens pensent que c’est la solution idoine pour repartir et gonfler les recettes pour répondre aux besoins sans cesse grandissant de la population. En regardant les chiffres, oui. Avec ses 20 000 milliards de mètres cubes, l’Algérie détient le 3è rang après la Chine avec ses 32 000 mds de m3 et l’Argentine pour ses 23 000 mds de m3. Mais, car il y a un gros mais, pour l’instant, la principale technologie pour l’extraction du gaz de schiste reste la fracturation hydraulique avec des adjuvants sous pression afin d’atteindre et de faire éclater la roche mère pour libérer le gaz. Les risques de pollution de la nappe phréatique sont immenses. Il faut injecter entre 15 à 25 millions de mètres cubes d’eau par puits. Techniquement, le toit des schistes remonte le réseau de fracture jusqu’à la nappe albienne. N’oublions pas qu’il ya eu déjà des accidents par le passé à Rourd El Baghal et Haoudh Belkadhi du côté d’Ouargla. Depuis 2015, c’est la raison d’Etat qui l’emporte. Et si pour une fois, on écoutait la sagesse populaire ? Et si on investissait dans le solaire, source inépuisable et à volonté dans notre pays ? Nous laisserons le gaz de schiste pour les générations futures qui auront développé de nouvelles technologies qui nous permettent de ne pas toucher à la nappe phréatique car notre pays est très pauvre en eau.

L’an dernier, la wilaya de Chlef a fait un bond qualitatif en matière de raccordement du gaz de ville dont le réseau sillonne les plaines et les montagnes de l’Ouarsenis et du Dahra. Le raccordement électrique et l’électrification rurale sont également satisfaisants mais ce qui ne marche pas à la cadence voulu, c’est le développement du solaire malgré la circulaire du ministère de l’Intérieur et des collectivités locales. Bien que Chlef ait la chance de disposer d’une entreprise citoyenne, SOPREC, qui a assuré gracieusement la formation des techniciens en solaire en faveur des 35 communes, malgré la bonne volonté de M. Abdallah Benmansour, le wali de Chlef, qui est très chaud pour faire de cette wilaya, très chaude en été, une zone pilote dans le domaine des énergies renouvelables. Les communes restent les bras croisés et attendent qu’on leur ordonne de faire ceci ou cela, alors que leurs élus savent, comme nous tous, que l’avenir de Chlef et de l’Algérie passe par le solaire.
K. A. E.